samedi 28 décembre 2013

Bilan et bonnes résolutions

Salutations, lecteurs !
La fin d'année est dans quelques jours, c'est l'occasion de se retourner sur l'année passée et de dresser le bilan.

Du côté des romans, j'ai laissé de côté Kivian pendant de longs mois et donc sa partie n'est pas terminée, loin de là. La partie Tylianne n'a même pas été relue, mais j'ai commencé un plan de correction et Takisys m'a fait une superbe alpha-lecture. Par contre, j'ai pu finir Valet de Songe et exécuter une première correction ! Actuellement, j'attends de savoir s'il va être accepté ou non en cycle sur Cocyclics. J'ai commencé à réunir des idées pour deux-trois romans/novellas à venir (Enfants de Psychés, La Descente aux Enfers et un projet encore vague).
Bref, un bilan mitigé !

Par contre, côté nouvelles, c'est nettement plus appréciable ! J'ai écrit 5-6 nouvelles et deux d'entre elles sont acceptées et paraîtront bientôt (j'espère !), plus un article sur la science-fiction. J'attends encore 8 réponses au total.

Côté lecture, je dévore en numérique et en papier, mais surtout, je me suis engagée dans deux cycles sur Cocyclics ! C'est très enrichissant d'être de ce côté de la barrière.

Côté études et pro, j'ai obtenu mon DUT, repris ma licence d'archéologie en main, et je travaille en bibliothèque un week-end sur deux. De bons auspices pour l'an prochain ? 

Pour l'an prochain, j'espère bien valider ma licence. Si j'arrive à obtenir les concours d'assistant bibliothécaire, ça serait le must et je chercherai un travail en bibliothèque. Si je rate, je reprendrais les études de documentation, mais côté documentation scientifique cette fois-ci. 
J'espère être acceptée en cycle et finir au moins la phase II, avancer dans la partie Kivian, continuer les nouvelles et avancer une de mes deux novellas en cours. Si je pouvais corriger Tylianne, ça serait cool aussi !

Allez, on croise les doigts pour tous ces projets, j'espère que les vôtres se réaliseront et je vous souhaite de bonnes fêtes à tous !

Nariel Limbaear

vendredi 6 décembre 2013

Bientôt la fin d'année...

Salutations !

En tous temps, les choses semblent se tasser dans un espace qui rétrécit. Ce phénomène digne de la physique quantique s’aggravent apparemment en fin d'année, particulièrement au mois de décembre. Et nous sommes en décembre. Fabuleux. 
Depuis mon dernier message récapitulatif, une autre de mes nouvelles a été acceptée, Le khemsin des dieux, pour l'appel à textes de Val Sombre : Un signe dans la ville. Au programme : les dieux égyptiens bottent le derrière de Dieu.
Si vous voulez voir du Anubis sexy torse-nu, j'ai également créé un Pinterest, essentiellement pour m'amuser, car c'est très sympa, modulable, riche.
J'ai écrit une nouvelle qui ne tardera pas à partir...


Maintenant, si nous attaquions les choses moins drôles ? Oui, la masse de travail qui plane/s'abat sur mon petit ordinateur. A la fois bonne chose et un peu difficile, je vais attaquer les corrections éditoriales de Régal du Coeur, avec entre autre un nouveau personnage. Avant cela, je fignole ma novella Valet de Songe afin de l'envoyer en cycle chez Cocyclics où elle va subir un lifting du tonnerre. A propos de cycle, je m'engage dans l'alpha lecture de copine Vestrit et de ses magnifiques baleines !
Voilà pour les corrections. Passons aux choses rigolotes : trois projets de nouvelles à mener à bien d'ici le 27 janvier, le 4 mai, et date indéterminée. Oh, et reprendre mon roman en janvier, ça serait pas mal aussi.

Amis lecteurs, on se retrouve bientôt pour le bilan de fin d'année !

En vous remerciant,

Nariel Limbaear

lundi 4 novembre 2013

La peau des rêves

Même si j'ai un avis plus que mitigé, je pense sincèrement que ces livres peuvent plaire. Ils ne sont pas trop mon genre, je les ai lus car j’avais gagné le troisième tome, mais je ne lis jamais de romance, et c’est ce que c’est au final.

Résumé de l'éditeur :

Nuit tatouéeDans les ruines de la Sagrada Familia, Najma, une gitane aux pouvoirs mystérieux, est prisonnière du clan d'Itzan. Pour gagner du temps et retarder son exécution, elle utilise la magie de ses tatouages et raconte des histoires qui prennent vie. Mais qui est-elle ? Pourquoi usurpe-t-elle la place de la véritable cible, Ximena, la fille de l'ennemi juré d'Itzan et des siens ? Les chimères découvriront-elles sa supercherie ?

Tome 1 et 2 : Nuit tatouée et Nuit brûlée - personnage principal : Cléo / Lieu : Paris
Tome 3 et 4 : Les Chimères de l'aube et L'Aube des cendres - personnage principal : Anja / Lieu : Berlin


Je vais commencer sur les points qui m’ont plus :

Nuit brûléeLe background. On se retrouve donc sur une Terre post-apo, après un grand Cataclysme dont on apprend peu de choses car l’important se situe dans ce qu’il a engendré : le chaos. Entre les Mutants (humains parfois malformés dotés de capacités « magiques »), les Chimères (mi-humains, mi-animaux) et les Mens (les humains normaux), l’entente n’est pas aisée. Même entre deux clans, ça taille parfois sec. Bref, ça donne une ambiance toujours tendue, très sympathique.

Malgré quelques points un peu grossiers, j’ai trouvé l’univers très réussi et j’aurais aimé y lire d’autres types d’histoire que de la romance, car il est très prometteur. Les deux premiers tomes se passent en France, à Paris, et c’est assez rare pour être noté et appréciable.

L’écriture. Même si je n’apprécie pas toujours ses histoires, je ne peux nier que j’aime le style de Charlotte Bousquet. Sous ses dehors simples, il recèle une force certaine et c’est sans doute grâce à lui que je suis allée au bout de ces trois tomes et que je m’en vais lire le quatrième. 

Les chimères de l'aubePassons aux points qui pêchent selon moi, les personnages et l’histoire :
Déjà, les deux personnages que l’on suit le plus, Cléo et Anja, me sont très vite devenues insupportables. Elles sont très niaises, refusent de voir ce qui les entoure. Certes, la première a été manipulée toute son enfance et la seconde est droguée, mais ça ne les rend pas plus sympathiques pour autant. Et très fortement lié à ce défaut, j’ai trouvé les histoires extrêmement prévisibles et clichées (l’un entraînant l’autre je suppose). Par contre, j’ai bien aimé la « reprise » de la Petite Sirène dans le troisième tome.
Les personnages secondaires sont, pour certains, plutôt réussis, mais restent assez grossiers au niveau psychologie.

L'Aube des cendres
Cela dit, ça en fait des livres aisés à lire, sans prise de tête, et je dois avouer que ça reste plaisant à lire. Il y a même un côté assez addictif à la lecture, et si j’ai été un peu déçue et que les personnages me provoquent quelques grimaces sceptiques, je ne peux en nier les qualités et je recommande fortement cette saga aux amateurs et amatrices de romance ou en quête de romans courts et pas trop durs à digérer. Je ne dis pas « léger » car ce n’est pas tout rose. 

lundi 14 octobre 2013

Chroniques : Même pas mort et Bêtes de Somme

Même pas mort

Avant la sortie de Même pas mort, Jean-Philippe Jaworski était essentiellement connu pour ses récits du Vieux Royaume : Janua Vera, un recueil de nouvelles, et Gagner la guerre, un roman narré par le truculent Benvenuto Gesufal.
Au travers des diverses interviews et récits qu’il donne, on devine un féru d’histoire qui sait captiver son public comme son lecteur. C’est donc après des recherches approfondies qu’il entame sa trilogie Les Rois du Monde, qui se déroule chez les Celtes continentaux. Inhabituellement, cette trilogie est découpée en « branches », hommage aux récits celtiques, gallois et irlandais (comme, par exemple, Les quatre branches du Mabinogi). Ici, le chiffre 3 n’est pas anodin, nouvel hommage à la mythologie qu’il va explorer dans cette histoire.

D’ailleurs, que ce passe-t-il dans cette histoire ? Introduite par les justifications de Bellovèse de mettre sa vie en récit, nous découvrons le narrateur du livre à un âge avancé. Puis il entreprend de nous conter pourquoi il n’a pas succombé au combat malgré une blessure mortelle. Entre souvenirs et délires, nous en apprenons plus sur son enfance, faite de mauvais coups qu’il mène avec son frère et de légendes forestières. L’intrigue elle-même apparaît peu mais elle ne nous lâche pas non plus : pourquoi, après avoir exilé les enfants de son beau-frère dont il a conquis le titre de roi, les envoyer au combat ?


Si cette première branche lance l’intrigue de la trilogie, c’est par touches diluées dans un roman d’ambiance. Nous rencontrons un Bellovèse adulte, à peine revenu des morts, mais nous suivons en grande partie l’histoire de son enfance. Du moins, cet aspect là de l’histoire m’a le plus marquée. J’y ai trouvé un goût de légendes, avec ses créatures cruelles, amusées, évanescentes ou immenses, entre le délire et le jeu d’enfant.

La marche forcée de Bellovèse adulte jusqu’à sa mort représente tout de même une part non négligeable du livre, d’autant qu’elle est chargée de belles descriptions, de moments forts et, encore, de légendes, de croyances. Plonger dans cet aspect-là de la culture celtique m’a beaucoup plu, et deviner à quel cours d’eau correspond celui-ci, à quel peuple correspond celui-là, est un jeu qui donne une nouvelle perspective à l’histoire. Si je ne me suis pas trompée, elle se déroule bel et bien dans ce qui deviendra la France ! On peut se dire : hé, mais j’ai marché dans les traces de Bellovèse ! – au moins un tout petit peu.

Quant à la narration, j’y ai retrouvé avec délices la patte de Jaworski : un style soigné, recherché, soutenu, mais sans être en désaccord avec son personnage. Grâce à son travail, fond et forme se retrouvent en adéquation quasi parfaite. Ambiances et décors sont au rendez-vous, souvent teintés d’onirisme, d’une pointe de mélancolie presque.

Pour revenir sur les légendes et les croyances, que ce soit durant l’enfance ou le voyage, elles donnent une teinte très particulière au roman. Entre épopée mythique et narration historique, le récit en est enrichi d’une dimension toute particulière. Bien entendu, entre le style de Jaworski et cela, le roman peut en devenir difficile d’accès mais il vaut largement la peine que l’on se donne pour le lire.

Même pas mort, Première branche de Rois du Monde


Bêtes de somme


Derrière ses dessins mignons, ses personnages animaliers et sympathiques, ses histoires courtes, se cache un aspect bien plus glauque que l’on pourrait l’imaginer à la couverture. À cette seule illustration, c’est une BD que j’aurais pu offrir à un enfant, mais il n’en est rien après lecture. Les aventures de nos détectives du paranormal vont en baver, leurs amis aussi, et si les mystères sont résolus, les historiettes ne se finissent pas bien pour autant.
Heureusement, les personnages, chacun caractérisé à gros trait mais ça marche, apportent chacun une petite touche de détente à l’histoire, un moment où l’on peut respirer, parfois même rire, avant d’y retourner. Cador et Sans-Famille sont officiellement mes petites favoris !
Le style graphique à l’aquarelle, les dessins soignés, les scénarios simples mais prenants, les personnages attachants, une somme de choses qui m’ont fait penser à l’excellente BD Blacksad.
Bref, j’attends avec impatience de lire le tome 2 !<
>Bonnes lectures,

Nariel Limbaear

lundi 7 octobre 2013

Valet de songe

Salutations !

Une petite note réservée à ma novella : Valet de songe. Oui, elle vient de changer de titre ! L'éveil des Songes se révélait caduc par rapport à l'évolution de mon histoire : rappelons qu'au tout premier jet, en 2004 (oui, oui, ça fait un bail), cette simple nouvelle s'appelait L'éveil des Anges. Tout cela a bien changé !

Enfin bref, j'ai retravaillé son pitch et le synopsis à l'occasion de ma candidature pour un certain Speed Dating local, et je remercie mes super-bêtas qui ont lu le synopsis en un temps record et au débotté.

Sur ce, si je vous passais quelques inspirations ? Images, musiques... rappelons aux âmes sensibles qu'il n'est pas bon de cliquer sur tous les liens !

L'éphialtès au bain, Létrithe, la Cavalière... toute une ambiance







Allez, j'ai encore de quoi écrire !

Bonne journée à tous,

Nariel

mercredi 18 septembre 2013

Actualités de la rentrée

Salutations !

Un été chargé de petites choses qui, si elles ne méritent pas un billet chacune, sont plus que sympathiques au final !

Tout d'abord, deux annonces qui ont déjà circulé sur Facebook mais tout de même : le petit article traitant de science-fiction a été retenu par Mots et Légendes pour leur numéro 9 !
La deuxième, c'est l'acceptation de ma nouvelle Régal du Coeur dans l'anthologie Berceaux, Vies et Tombeaux, pour l'instant chez Argemmios.
Et peut-être bientôt une troisième bonne nouvelle que j'espère pouvoir vous communiquer officiellement !

J'ai encore plusieurs nouvelles en liberté et j'ai refus quelques refus pour De rouille et de glace même si je persiste ! Si cette nouvelle n'est retenue nulle part, j'aimerais en faire un conte illustré, à voir.

Les corrections pour l'anthologie Et si les Hommes sont quasiment finies, ce qui me permet de reprendre petit à petit L'éveil des songes. J'espère le finir avant la fin d'année, mais cela veut dire que Kivian ne reviendra qu'en janvier voire après... parce que j'aimerais bien faire passer L'éveil en cycle et donc 1) ça me demandera du temps de le corriger 2) ça me demandera du temps de faire une bêta à quelqu'un d'autre.

Côté vie estudiantine, j'ai validé mon DUT et je me prépare pour les concours de novembre pour les bibliothèques - histoire de meubler mon semestre 5 validé en archéologie (licence que je reprends après abandon). A côté, je travaille en médiathèque les week-ends ! Année culturelle donc, à la fois chargée et à la fois très relax.

Voilà, je crois que c'est tout, à bientôt,

Nariel

dimanche 21 juillet 2013

Les 24 heures de la nouvelle : La fête de l'homme mort


Et voilà le petit texte absurde pondu en quelques heures cette nuit. Soyez indulgents, l'idée était de s'amuser ! D'autres nouvelles sur : 24hdelanouvelle.org
A côté, je travaille toujours sur mes textes *sérieux*... alors maintenant, le résultat de cette pause :  

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D’une main distraite, je lisse le col raide de ma chemise. Le nœud papillon m’étouffe, il coince la touffeur de la ville dans ma gorge. Fringué comme pour un mariage, comme pour le mien en fait, et même pas une soirée où boire un coup. Les rues sont sacrément mortes, surtout pour un vendredi soir. Mes pas s’égarent dans les halos des lampadaires, suivent les lignes des pavés. Ils m’ont éloigné des bars, j’ignore encore pourquoi. Je leur fais confiance. C’est grâce à eux que je débusque des donzelles : ils me mènent à elles, dansent un peu pour moi, et hop. Pas ce soir on dirait.
Obscures, les vitrines des magasins semblent appartenir au Quartier Rouge ; les mannequins de plastique prennent la pose derrière le verre.
Soudain ! Derrière moi. Claquent les dents ! Claquent les genoux ! Les os trottent sur le trottoir. Un ricanement étouffé monte d’une gorge absente. Humhumhum. Claquent claquent ! Une main se pose sur mon épaule. Squelettique. Les doigts à nu jouent des claquettes sur ma clavicule.
« Hey ! Tu t’inquiètes trop ! »
Voix d’outre-tombe. Elle ne sort ni d’une bouche ni d’un corps, elle sonne, résonne entre les omoplates, encagée par les côtes.
« Tu te rends triste tout seul, à errer comme ça. Tu peux pas changer le destin, et alors ? Te sens pas si mal ! »
Je me retourne. Le crâne du squelette sourit. Comment sa mâchoire peut tenir ? Sa main amicale me tapote de nouveau l’épaule, alors le brave homme la récupère.
« Tu devrais t’amuser tant que tu peux. Personne ne vit pour toujours après tout ! »
Je crois qu’il essaye de me faire un clin d’œil. Je le sais car c’est le genre de signe qui accompagne les bières, comme celle qu’il me tend.
« Rejoins-nous, on fait la fête sous la pleine lune. C’est l’heure du loup. »
J’accepte l’invitation et la bouteille.

L’entrée du cimetière est gardée par deux cerbères. Au sens propre. Leurs six têtes se penchent vers moi, six haleines alourdies d’une puanteur de charogne, de graillon et d’alcool fort. Des molosses buveurs de whisky ?
Mon cadavrade de beuverie les salue d’un claquement de doigts et passe sous leurs truffes ; alors que je m’avance, les chiens m’arrêtent, une patte en travers du chemin.
« Faut laisser le corps et l’âme à l’entrée. »
Quoi ? J’écarte les bras, recule le menton d’un air offusqué.
« Hé les mecs, enfin, les clébards, si j’enlève mon corps, et que je laisse mon âme par-là, il me reste quoi ? »
Sur le seuil, mon squelette lance :
« L’esprit voyons. Le tien est assez fort pour entrer seul. Allez, n’aie pas peur, il n’y a rien à craindre. Tout le monde rentre après tout. »
Nouvel essai de clin d’œil. Il a raison en plus. Deux jolies jumelles se pointent – dans le genre beautés vampiriques : pâles aux cheveux noirs – saluent les videurs et… ma bouche bée. Leur enveloppe vient de tomber à terre, comme une robe d’été qu’on laisse glisser sur sa peau jusqu’au sol. Dans l’air s’envolent leurs rires devant ma mine stupéfaite. Et ça y est, les voilà de l’autre côté, évanescentes, à m’adresser des signes aguicheurs, à m’inciter à venir.
J’aurais voulu pouvoir dire que j’ai réussi seul, mais il a fallu qu’un enfant me donne un coup de main. Le petit frère des deux beautés les accompagnait ; seulement un gamin qu’on le traînait déjà en ce genre d’endroits ? Non, en réalité il était plus âgé qu’elles.
« Le truc, c’est de se détendre. De s’imaginer complètement autre chose. De se façonner, tu vois ?
— Genre ?
— Genre… je suis le petit Chaperon Bleu, ou le beau au bois travaillant, Cendrillon sous couverture ! »
Son discours ne m’aidait pas trop, mais j’ai tenté le coup quand même. Je suis le Morse ! Et c’était pas si dur que ça finalement. L’impression d’ôter ma veste de smoking ne me lâche pas. Ni le nœud pap ni l’alliance dans la poche ne peuvent me retenir. Par contre, aucune défense ne m’a poussé dans la gencive, pas de kilos en sus non plus !

Et en un rien de temps, je me retrouve de l’autre côté. Mon copain squelette me donne un verre de vodka – même si le goût arrache bien plus – et m’entraîne vers une tombe où dansent des minettes. Femmes à tête de chat, leurs dents brillent sur leurs babines. Dans le caveau voisin dorment des reptiles et des samouraïs, tendrement enlacés dans une bagarre sans merci.
Adossée à une croix, une silhouette encapuchonnée fixe le fond de son verre. Après un échange de regards avec mon noceur, je me dirige vers elle. Des pleurs étranges s’échappent du tissu noir, très immatériels et pourtant, indéniablement féminins. Un nouveau gobelet est apparu dans ma main, je m’empresse de lui offrir avec un grand sourire :
« Allons, ne pleurez pas, on est là pour faire la fête, non ? »
Elle renifle, s’étrangle dans un petit rire. De la capuche sort une voix très douce, cristalline. Affûtée en fait, mais aussi délicate que le fil d’une épée.
« Oui, vous avez raison, je ne voudrais pas tout gâcher… »
Et pleure de plus belle. Ce n’était peut-être pas une si bonne idée de l’approcher. Mais maintenant que j’y suis…
« Et qu’est-ce qui pourrait chagriner une… heu… si jolie fille ? »
Cette fois, elle éclate de rire au milieu de ses larmes.
« Vous n’avez même pas vu mon visage, charmeur. »
Sa voix se fait onctueuse.
« Si votre plumage se rapporte à votre ramage… »
Je m’appuie d’une main sur le granit, le bras si proche de sa tête, ma bouche de plus en plus proche de son oreille. Elle ne cherche pas à s’esquiver.
« Alors ?
— C’est mon boulot, j’en peux vraiment plus. Je suis venue ici car au moins, j’ai pas à gérer les gens, ils entrent là de leur plein gré mais d’habitude, c’est… usant. Ils résistent, luttent, m’insultent… Pour vous dire, avant-hier une mamie de quatre-vingts ans a essayé de me tabasser avec son sac à main ! Elle voulait même pas le lâcher en plus. »
Je lui tends un nouveau verre. Dingue la vitesse à la laquelle elle a vidé le premier.
« Ouais, j’imagine, pas facile comme métier. Je comprends, je suis huissier, et les gens veulent rien me céder. Tenez, ma fiancée a même pas voulu me donner sa main !
— Pourtant, une main reste un meilleur choix qu’un pied. »
Le silence s’installe une seconde avant que l’hilarité nous gagne. Moi soulagé de pas avoir plombé l’ambiance avec mon non-mariage, et elle que son humour soit presque bien perçu.
« Mais pourquoi vous laissez pas tomber ce boulot ?
— Les gens comptent sur moi… Je peux vraiment pas.
— Même pas un petit congé ? »
Elle secoue la tête.
« Alors dites-vous que si vous ne vous reposez pas, vous allez saboter votre travail.
— En fait si, aujourd’hui j’ai pas bossé. C’était trop dur de se lever pour aller faire ce boulot.
— Alors, je peux vous persuader de le laisser juste encore une journée ? J’habite à trois rues d’ici et j’ai un super placard à alcools. »
Elle relève le visage et, d’une main fine, laisse tomber sa capuche sur ses épaules. Magnifique. Ciselée dans un acier des dieux, avec des yeux comme des pierres précieuses : froide et captivante. Ses doigts se glissent dans ma nuque, m’attirent vers ses lèvres.
« Juste une journée. Ça marche. »
Elle m’embrasse et m’embrase.

Alors qu’on s’apprête à partir, je note un bout de bois appuyé contre la stèle.
« C’est à toi ? lui demandé-je avec un signe de tête.
— Ouais, mais laisse, ça fait partie du job. »
Elle donne un petit coup de pied négligent dans le manche et celui-ci tombe dans un drôle de tintement métallique.
« La faux entrait pas dans l’enceinte de l’établissement, explique-t-elle avec un haussement d’épaules. On y va ? »


(The Mystic Knights of) Oingo Boingo
Dead man’s party
No ones live forever
Reptiles & Samouraïs
Cinderella Undercover
I am the Walrus
Just Another Day
Nothing to Fear
Only a Lad

dimanche 14 juillet 2013

Les 24 heures de la nouvelle

Salutations !

Petite pause dans le CampNanowrimo (sur lequel je sèche faute de temps), les 24 heures de la Nouvelle commenceront samedi prochain, le 20, jusqu'au dimanche. 24 heures d'écriture pour rendre une nouvelle selon une contrainte tirée au sort.

Pour vous inscrire, soumettre une contrainte et rencontrer les participants, voici l'adresse du blog :
http://24hdelanouvelle.org/
L'événement dispose également d'une page Facebook, d'un forum et d'un chan IRC !

En espérant vous y voir,

Nariel

samedi 11 mai 2013

L'éveil des songes

Voilà presque dix ans, j'écrivais une nouvelle pour un cours de français, sur le thème du "son" : mon premier appel à textes. Cela donnait une nouvelle à trois voix, deux de l'héroïne, une en sommeil, une en éveil, et celle d'un des anges qu'elle essaye de sauver dans ses rêves. Il y avait un chat blanc et ça se finissait bien, c'était adorable tout plein.
Il y a bientôt trois ans, je reprenais l'idée de cette nouvelle, en bannissait les anges, les remplaçant par les Oneiroi, et les démons par des Ephialtès (trois ans et toujours pas sûre de l'écriture !). Aujourd'hui, cette nouvelle devient novella et trouve sa place dans les challenges, alors je vous livre ma petit feuille-challenge :

Auteur : Nariel Limbaear

Titre de la novella : L'éveil des songes

Genre : fantastique ?

Nombre de signes prévus : là je pêche un peu, parce qu'au début, elle ne devait faire que 50 000, et elle les a atteint sans se retourner. Vu où en est l'histoire, je dirais 85 000 / 90 000 cec

Résumé : Les rêves sont réputés pour donner les clefs du réels. Mais à partir de quand un rêve n'est plus une clef ?
Quand il devient une porte.

Informations diverses :
J'alterne dedans les moments dans la réalité, rédigés à la troisième personne, tandis que dans les rêves/cauchemars, c'est Lyra qui raconte à la première personne.
A part ma flemme légendaire, j'avoue que j'y vais un peu à reculons, parce qu'au début, je pensais partir sur quelque chose de très light, et je me retrouve avec quelque chose d'assez sombre. Du coup, c'était un peu le combat intérieur "non mais je veux pas y aller" "mais si c'est chouette tu vas voir" "oui mais non".
Et à côté de ça, j'ai une horde de grenouilles en furie qui vont m'en vouloir, et heureusement, me pousser à aller plus vite pour que je reprenne mon roman

Pourquoi classer ce challenge dans "Au fond des marais" :
Parce que malgré ses dehors tout beau tout mignon on rêve et c'est chouette, à partir de la moitié, elle prend une direction un chouïa perturbante.


Donc voilà, un nouveau projet ! Il ne me manquait plus que ça...

A bientôt !

Nariel Limbaear

samedi 23 mars 2013

En ce moment...

Salutations !

Un petit mot pour vous dire qu'à cause des cours, je n'ai pas beaucoup le temps de me pencher sur mes écrits (le compteur-tableur, dit Le Maléfique, est tout rouge), ni sur mon blog, mais je continue à cogiter.
Et je voulais surtout vous transmettre une bonne nouvelle, il est possible que le premier week-end de juillet, je sois en dédicace pour Invisible à Caudeval, au salon Eternelle Fantasy, sur le stand des Netscripteurs :)
Plus d'infos sur le site du salon ou sur leur Facebook.

A bientôt !

PS : et en plus, j'ai changé la bannière !

lundi 11 février 2013

La légende des trois lunes


À l’aube du monde, les Dieux arpentaient encore la Terre, les Six et les autres. Dans le but de prévenir les troubles, Eïna la Juste établit les Règles des Dieux et des Leurs, dont les Vifs seront à jamais exclus. Parmi ces lois, elle interdit aux Dieux comme aux Déesses de tuer ou de violenter les Serviteurs d’autres divinités, car leur esprit et leur corps étaient consacrés au service divin. Par leur biais, on pouvait louer mais aussi offenser leur divin patron. Des siècles et des siècles se déroulèrent en paix tandis que prêtres et prêtresses servaient avec dévouement dans les temples saints.
Pourtant, un soir où les prêtresses d’Eana se livraient à leurs offrandes, Arin vint sur le pas du temps et les vit nues. Leur peau brillait sous les étoiles car les Lunes n’existaient pas encore, mais bientôt, elles exposeraient leur face maudite à la vue des Vifs. Le Dieu était connu de toutes les femmes vives de la création pour son ardeur, mais il n’avait jamais osé transgresser les Lois. Mais attiré par le piment de la chose… 
Cette nuit donc, Arin s’avança parmi les corps drogués des eanites, inconscientes de la transgression des Lois dont était victime le temple. La grande prêtresse gisait sur l’autel. Ses yeux révulsés par la transe fixaient un autre monde et elle ne se doutait de rien malgré son pouvoir. À ses côtés, deux novices s’apprêtaient à être intronisées par la Déesse durant la nuit, frêles jeunes filles. En ce lieu sacré, pendant une cérémonie de la plus haute importance, Arin transgressa les Lois et prit possession des trois humaines. Ses pouvoirs inondaient leurs esprits de rêves pour les maintenir endormies tandis que son corps les emplissait de semence.
Quand il entendit Eana arriver pour bénir ses fidèles, Arin s’enfuit aussitôt, ne laissant derrière lui que songes charmeurs et coupables. Même sa divine sœur ne se rendit compte de rien sur l’instant. Il fallut attendre le jour où les trois prêtresses constatèrent l’absence de leur flux de femme pour qu’elles comprennent la réalité des onirismes envoyés cette nuit-là. Horrifiée, elles se rendirent auprès de leur Déesse pour implorer son pardon, mais il n’appartenait qu’à Eïna la Juste de l’accorder. Eana les dépêcha donc auprès d’elle, simulant de ne point les accompagner. Cependant, elle connaissait la jalousie maladive de sa sœur et savait quelles rudes punitions elle risquait d’infliger à ses prêtresses dont l’innocence ne transparaissait en rien dans leurs pensées. Le poison de culpabilité d’Arin avait fait son œuvre.
Agenouillées devant Eïna, elles ne dirent mot car le tribunal des dieux se déroule en esprit. Ceux des trois femmes furent fouillés à la recherche de la vérité, mais Eïna ne trouva que désir et remords. Devenue furie, la Déesse les maudit. Elle les condamna à dévorer leur enfant après les douleurs de l’accouchement, mais ne s’arrêta pas là. L’enfant devrait se reloger dans leur matrice dévastée pour renaître de nouveau, et être mangé encore et encore. Eïna décréta qu’il en serait ainsi jusqu’à la fin du monde. Alors qu’elle se préparait à continuer la liste de leurs supplices, Eana se dressa et enveloppa ses fidèles de sa protection nocturne. Pour les soustraire à la folie de sa sœur, elle les porta avec douceur dans son domaine céleste où elles pourraient purger leur peine en paix. Ainsi, chaque mois, elles dévorent leur ventre rond avant qu’il ne se remplisse de nouveau et la protection d’Eana illumine le monde.
Une fois apaisée par sa sœur, Eïna comprit sa faute mais ne put défaire le mal. Eana la convainquit de se défaire de son amant et de le punir car il avait enfreint les Lois plus durement que ses trois fidèles. L’Injuste fit appeler son frère devant elle et il vint, confiant et enjôleur. Son sourire mielleux mit Eïna en rage car elle savait à présent que chacun de ses masques venait la cajoler après une nouvelle tromperie. Elle le somma de rendre compte de ses actes et ordonna qu’on le prive sa virilité tout entière. 
Lorsqu’Arin la supplia au nom de leur amour, elle en fut émue et consentit à ce qu’on lui épargne la verge mais resta intransigeante pour sa castration. Les serviteurs de la Justice placèrent les génitoires dans une boite de bois plombé, où le pouvoir du Dieu ne pourrait jamais les atteindre : tout comme celle des prêtresses, sa punition serait éternelle

mercredi 6 février 2013

Les quatre fruits de l'Empereur

Dans un temps très lointain, régnait sur le jeune empire de Masaria l'empereur Horda Kaplonaerar, tyran cruel et sanguinaire. La légende raconte qu’il menait lui-même toutes ses batailles au-devant de son armée, terrassant les ennemis de ses lames avides de sang. Qu’importaient les blessures, il se relevait sans faillir ; la pluie de sang vomie par les veines de ses adversaires glissait sur sa peau, mais nul ne vit jamais de plaies sur son corps.
Il semblait conserver le même âge, indéfiniment, sa beauté avenante, ainsi qu’une santé éclatante, intriguant alliés et ennemis. Ils suspectèrent sa nourriture puis les caresses de ses favorites exotiques, sans jamais réussir à en trouver la source. Selon la légende, un roi de Talan lui avait offert un arbre enchanté qui lui conférait cette jeunesse éternelle. Cette plante magique bourgeonnait le matin, fleurissait quand le soleil atteignait son zénith, donnait ses fruits lors de son déclin, et fanait au crépuscule. Le souverain talandais lui recommanda fortement de toujours laisser l’arbre à l’air libre et à la lumière du soleil pour qu’il puisse s’épanouir « en toute bonté ». Méprisant de ces propos étranges, l’Empereur ne l’écouta que d’une oreille et plaça l’arbre dans la plus belle cour de ses appartements, loin des indiscrets.
Chaque jour, les fleurs et les fruits étaient d’une couleur différente. Il s’en succédait quatre sortes : la première était une fleur rosée qui donnait un fruit rond et d’un rouge éclatant ; la seconde avait de délicats pétales ivoire qui laissaient place à une cosse blanche abritant des perles irisées. La troisième, un bourgeon bleu offrait un agrume à l’écorce de la même teinte ; et enfin, une minuscule grappe de petits grains vert foncé.
Peu à peu, la rumeur courut, prenant naissance dans les propos vaniteux de l’Empereur ivre. Mais si leurs couleurs étaient connues de tous, leur goût ne l’était que de l’Empereur, car il veillait jalousement sur eux.

Il est dit qu’un duc thoas de Masaria eut vent de cet arbre, et il envoya son jeune fils pour qu’il lui ramenât un fruit de chaque sorte. Il voulait étudier leurs propriétés et les utiliser dans le but de régner sur l’Empire naissant.
Le jeune garçon vola donc jusqu’à la cour du palais tandis que la journée tirait à sa fin. Il contourna habilement les traquenards qui cernaient l’arbre, et s’empara de l’un des fruits bleus. Mais aussitôt se fût-il envolé qu’une bourrasque décrocha une tuile et la fracassa au sol. Le bruit détourna son attention, l’intrus déclencha alors un piège et fut mortellement blessé. Il battit faiblement des ailes jusqu’à la plus haute tour tandis que l’Empereur s’élançait avec sa garde à sa recherche. L’épée au poing, il brisa l’une des fenêtres du toit, mais en passant par l’ouverture, un éclat de verre lui arracha un cri surpris de douleur. La blessure n’eut pas le temps de saigner qu’elle se refermait, elle n’en rappela pas moins à l’Empereur l’importance de l’arbre.
Affolé, le thoas rampa plus bas sur les tuiles, prêt à se jeter dans le vide plutôt qu’être capturé. Pour que personne ne lui volât son larcin et ne profitât de ses bienfaits inconnus, il dévora le fruit. Aussitôt, ses blessures furent guéries et sa peau redevint lisse et intacte. Il se hâta de retourner auprès de son père et de lui narrer toute son aventure.
Lorsque la nouvelle parvint aux oreilles de l’Empereur, ce dernier cloisonna l’arbre dans une cage de puissante magie qui ne s’ouvrait qu’à son ordre. Mais il lui semblait que les fruits se faisaient plus rares alors que les fleurs foisonnaient, alors il s’enferma auprès de l’arbre pour guetter jours et nuits, en vain. Soupçonnant quelques habiles courtisans de les dérober, il les chassa tous du palais, puis s’en prit au personnel. Il ne savait que trop les conséquences de la perte de son arbre. Son Premier Magicien tenta bien de lui expliquer que la magie dont l’Empereur avait entouré l’arbre affaiblissait ce dernier, mais il fut chassé à son tour. Il finit par fermer le palais, tandis que son peuple subissait les poisons de l’arbre malmené, car l’enfermement l’avait changé en maleplante comme l’avait prédit le roi de Talan. Pour chaque fruit, un fléau ravagea l’Empire durant le Siècle Maudit : la Guerre Rouge abreuvait la terre du sang des innocents, la Famine Blanche laissait les visages exsangues, la Peste Bleue faisait mûrir des bubons bleu nuit pendant que les Serpents Verts envahissaient les lits des nourrissons. 

Cent ans passèrent. Le sceau magique qui scellait les portes s'était épuisé et les battants s'écartèrent d'eux-mêmes. L’Empereur était toujours là, agrippé à son arbre. Que ce fût folie ou châtiment divin, tous deux étaient devenus vieux et secs, rongés par les vers, unis dans la mort. Même après plusieurs jours, personne ne vit de fleurs ni de fruits mûrir dans les vieilles branches. De dépit et de haine, le peuple brûla le donjon ; ce qui restait de l’Empereur et de son arbre de puissance fut emporté par le feu, et le secret de la plante se perdit.

Mais il est dit que le thoas qui avait volé le fruit avait gardé très précieusement les graines qu’il avait dérobées et qu’il les avait données à ses enfants sur son lit de mort. Eux-mêmes les ont transmises aux leurs mais sans jamais en user, et peu à peu, leur existence ne tint plus que de la légende.

samedi 19 janvier 2013

Comment construire un compteur-tableur (alias Maléfique)


Qu’est-ce qu’un compteur-tableur ?

Je confirme : le compteur-tableur, c'est cool !
- V.T., auteure à tableur

Ben moi je suis fan ! Merci, ça roule comme sur des roulettes, et je crois que ça va me devenir indispensable. 

- C.C., auteure déjà fan de son tableur.

Un compteur-tableur terminé et en cours d'utilisation

Notez que maintenant, grâce à Jérôme Prionfou, vous avez le droit à un tableur en ligne presque déjà tout créé ! On le remercie très fort de nous faire perdre moins de temps pour écrire plus !
Par ici...
Ou là !

Sinon, vous avez la méthode de base :


C’est un fichier tableur construit à base de formules qui est utile dans le cas où : vous avez une deadline et un nombre de mots. Par exemple, si vous voulez écrire une nouvelle à temps pour un appel à textes, ou un roman en quatre mois ou en un an. Si vous le faites bien, il est totalement adaptable à vos besoins. Et surtout, si vous le faites bien, vous n’aurez plus à le toucher à part pour rentrer le nombre de mots que vous avez fait tel jour, il calculera votre total, ce qu’il vous reste et si vous êtes en retard TOUT SEUL COMME UN GRAND. Mon professeur de bureautique serait fier de moi !

Ça prend 10 minutes si vous êtes habitués des tableurs, un peu plus dans le cas contraire (déjà, le temps de lire tout mon charabia). J’espère que vous ne serez pas effrayés devant l’aspect technique (et si vous l’êtes et que VRAIMENT, VRAIMENT, vous voulez un compteur-tableur, vous pouvez me passer commande, en me donnant les bases : première étape ci-dessous). 
Je vous préviens, c'est long.

Première étape : les bases

Avant même d’ouvrir votre tableur, vous devez savoir quelles données vous voulez y calculer : le nombre de mots à écrire et jusqu’à quelle date vous avez. Cela fait, voyez combien de jours cela fait, et vous divisez votre nombre de mots par le nombre de jours. Ça donne le quota journalier.
Par exemple, je veux écrire mon roman de 140 000 mots en un an (365 jours) : 140 000 / 365 = 383,6. J’arrondis à 400, et je vous conseille d’arrondir à chaque fois à une unité ronde supérieure (sinon, vous allez vous faire de faux espoirs, alors que là, vous vous surprenez).

Seconde étape : les titres de colonnes

Ouvrir et préparer votre tableur. Je vous propose une version assez basique, libre à vous de l’enrichir de colonnes multiples et sans doute totalement utiles à vos yeux, mais j’irai droit à l’essentiel avec juste une fioriture ou deux.
Cinq colonnes : Date ; Mots écrits aujourd’hui ; Total de mots écrits ; Mots prévus à ce jour ; Avance/retard (affectueusement abrégés en : « D’hui » ; « Total » ; « Prévus » ; « Av/rt »)





Troisième étape : remplir les colonnes


La colonne de la date

Pour commencer, entrez le premier jour où vous allez écrire. Dans mon cas, c’était le 01/01/2013. Normalement, et surveillez bien cela, votre gentil tableur qui n’est pas trop bête a détecté que c’était une date (on l’applaudit bien fort). Bref, cliquez sur la cellule avec la date, qui s’encadre : vous voyez le petit carré noir en bas de ce cadre ? Cliquez dessus, et tirez le vers le bas. Il va normalement (le brave petit) continuer à dater tout seul comme un grand jusqu’à ce que vous arrêtiez. De préférence, jusqu’à la deadline que vous vous êtes fixé pour écrire. J’ai dû tirer un sacré moment, vu que je suis censée terminer le 31/12/2013.
Mondieuçamarchepasàl’aide : Revenez à votre première case, et en dessous, écrivez le jour qui suit (01/01/2013 et en dessous 02/01/2013), et là, il devrait vous obéir. Sinon, vous me demandez et je lui taperai dessus.
À ce stade, vous avez une colonne de dates, donc. Si c’est bien ça, passez au prochain paragraphe. Sinon, c’était le plus facile. Enfin, non, car il faut laisser la colonne « Mots écrits aujourd’hui » vide lors de la préparation.

La colonne du total

Cette colonne sert à savoir combien de mots vous avez écrits depuis le début de votre compteur. Pour ce faire, nous allons utiliser des formules. Elles peuvent mordre et afficher des messages d’erreur si vous ne le faites pas correctement.

Les formules


D’abord, pour les néophytes, nous allons comprendre la logique d’une formule, les autres, passez deux ou trois lignes plus bas. Voyez les règles en haut et à gauche, avec en haut, des lettres, à gauche, des chiffres. Si vous avez suivi mes consignes à peu près comme il faut, le premier jour « mots écrits aujourd’hui » est en B2. Si ce n’est pas bon, retournez en page 1. Donc, selon toute logique, le total des mots au premier jour est égal aux mots écrits ce jour-là. Donc, la case C2 (colonne Total des mots écrits) doit être égale à B2. Donc, la formule à entrer en case C2 est : « =B2 ». Voilà, vous avez écrit votre première formule ! Passons à plus compliqué.

Descendez en C3 (habitués des tableurs, vous pouvez revenir) : nous sommes au total du second jour, donc, total du jour 2 et du jour 1. Donc, le total d’hier + les mots d’aujourd’hui. En formule, cela donne : =C2+B3. Bien, on passe au suivant : =C3+B4. Votre calvaire s’arrête ici : on renouvelle la ruse utilisée avec la date : on sélectionne les deux cases C3 et C4 (car la formule C2 est différente), et on tira jusqu’à la fin. Normalement, les formules se sont adaptées. Sinon, entrez une troisième formule (=C4+B5) et tirez.

En l’état, cette colonne affiche de magnifiques zéros. C’est normal ! Vous pouvez la tester en écrivant un chiffre dans la colonne « mots écris aujourd’hui » (et pas ailleurs, sinon, ce n’est pas le tableur que je tape). Si la colonne « Total » change, passez à l’étape suivante, sinon, revoyez votre copie.

La colonne des mots prévus

Celle-ci va vous indiquer à combien de mots vous devriez être si vous respectiez votre quota journalier (dans mon cas, je le rappelle, c’est 400 mots).

Dans la première case (D2 car vous êtes de bons élèves – les autres ont abandonné), indiquez votre quota journalier (exemple : 400). Hop, on passe en D3 : normalement, D3, c’est les mots prévus d’hier + un nouveau quota journalier (400 + 400). Comme c’est un nombre fixe, il y a plusieurs manières de le faire :

Manière 1 : le quota dans la première case (D2), le quota + le quota (D3 = 800 par exemple), le quota + le quota (D4 = 1200 par exemple), et on tire jusqu’à la fin. Normalement, il doit garder le même intervalle.

Manière 2 : vous avez pris goût aux formules. C’est bien. Première case (D2) : le quota. Deuxième case (D3) : D2+quota. Troisième case (D4) : D3+quota. Quatrième case (D5) : D4+quota. Ensuite, on… tire. Gagné.

Vous pouvez vous amuser avec d’autres façons et formules, mais passons. Si tout est bon, le dernier jour devrait indiquer un chiffre par très loin de votre nombre de mots à écrire (mais comme on a arrondi au supérieur, cela donne 146 000 chez moi).  On continue ?


La colonne pour vous fouetter ou vous récompenser

La colonne des avances et retards vous paraîtra simple et, ô miracle, c’est la dernière étape « obligatoire ».

Dans la première case (E2), nous avons les retards accumulés le premier jour, ou l’avance prise. Donc, cela a un rapport avec le total et les mots prévus. La formule est donc : E2 =C2-D2. Hop, comme vous n’avez pas encore rempli votre colonne « mots écrits aujourd’hui », c’est normalement un vilain chiffre négatif qui s’affiche. Comme les auteurs sont un peu masochistes, nous allons continuer. E3 =C3-D3. E4 =C4-D4. Ensuite, on tire.

Et… voilà. Vous n’avez plus à toucher à ces fastidieuses colonnes. Seulement à rentrer les mots que vous avez écris aujourd’hui dans la colonne dédiée, à la date dédiée. Et si ce tableur a vraiment vidé votre esprit mathématique, sachez qu’il peut même calculer un peu ça pour vous. Mettons, j’ai écrit une première fois 100 mots. Je marque donc 100 mots. Mais deux heures plus tard, l’inspiration revient, et j’en écris 234. Donc, je change ma case en « =100 (les premiers mots écrits dans la journée)+234 (ce que je viens d’écrire). Et lui calculera comme un grand, et le résultat se répercutera de même sur les autres colonnes.

C’est pas beau la vie ?


Allez, vous en voulez encore ?


Les bonus inutiles

(Uniquement testés sous Excel 2007, désolée pour le reste du public, mais je vous encourage à tâtonner dans votre logiciel)
Ces bonus n’ont aucune incidence sur le compteur lui-même.

C’est beau, les graphiques *o*

Vous aussi, vous voulez votre graphique style Nanowrimo ?
De mon côté, je l’utilise pour deux colonnes on va dire : un graphique « total », et un graphique « avance-retard ».
Pour le premier, je sélectionne la colonne « Total » et je fais « insérer un graphique en colonnes». Voilà, c’est fait, c’est beau, à vous de vous amuser à le personnaliser.
Pour le second, je sélectionne les colonnes « avance-retard » et « mots écrits aujourd’hui », et je fais « insérer un graphique en colonnes». C’est beau, y’a DEUX couleurs.

Des couleurs, des couleurs !!

Mais des couleurs AUTOMATIQUES (parce que sinon, je pense que vous êtes assez grand pour trouver les couleurs seuls).
J’utile les couleurs automatiques sur trois colonnes : me dire quel jour on est (comment ça, flemmarde ? vous croyez que je fais ce compteur et ce tuto pour quoi ?), si j’ai bien travaillé aujourd’hui, et me dire d’un coup d’œil si je suis en retard ou en avance.
Quel jour on est ? : Sélectionnez la colonne des dates et cliquez sur « Mise en forme conditionnelle », surbrillance des cellules, une date se produisant… et cochez « aujourd’hui » (en rouge, vert, bref, à vous de voir). Et voilà. La date du jour changera de couleur.
Ouf, bien bossé aujourd’hui : on sélectionne la colonne des « mots écrits aujourd’hui », on retourne en surbrillance, supérieur à… et on met notre quota journalier, en vert, pour dire que c’est BIEN. (Tous les jours où j’ai écrit plus de 400 mots sont surlignés en vert).
Bon, où j’en suis moi ?: sélection colonne avance-retard, surbrillance, supérieur à zéro en vert, inférieur à zéro en rouge.

Je suis un maniaque des chiffres

La formule =MOYENNE est faite pour vous.
En bas de la colonne « Mots écrits aujourd’hui », écrivez =MOYENNE(B2:Bdernièrecase) (exemple =MOYENNE(B2:B34). Cela vous donnera combien de mots vous écrivez en moyenne par jour. Inutile, hein ?



Maintenant, la bande de petits cochons qui ont rigolé à chaque « tirer », vous vous dénoncez. Et au boulot !