samedi 27 décembre 2014

Bilan 2014 et projets pour 2015

Salutations !

Voilà une nouvelle année qui s'écoule, avec de bonnes choses de réalisée, mais beaucoup d'autres laissées de côté. Autant à faire l'an prochain, autant sur lesquelles je dois persévérer et qui seront autant d'apprentissage !
Mais voyons le verre à demi-plein et regardons ce que j'ai pu faire cette année.

J'ai écrit quatre grosses nouvelles, des plus petites, j'en ai réécrites d'autres, de ce côté là c'est parfait. Gros bonus qui fait chaud au coeur : plusieurs ont été publiées, ou sont en voie de l'être, d'autres primées :



La fable du dragon et du rat, dans l'anthologie Si ton péché m'était conté, éditée par Faëries Legends (numérique et en papier).

De temps en temps, Shenlong, le dragon de la pluie, s'enivre et oublie de faire pleuvoir. Mais cette fois-ci, l'affaire est plus grave. En plus d'être rond comme une queue de pelle, il n'a pas envie de faire pleuvoir. Une enquête digne de la rate Qiuyun !



Le khamsin des dieux est ce que j'ai gentiment surnommé une "uchronie biblique". On y voit passer Anubis, Anupet, Seth et une poignée d'autres dieux égyptiens.
Tout ça, c'est dans l'anthologie Ce signe apparu en ville (illustré à l'intérieur pour plusieurs nouvelles et en couv par votre libraire de l'ombre et du soleil ! Fuyez pas !)






Un petit pépin dans ce Géante Rouge n°22, pas grand chose, mais c'est toujours un texte !










Et aussi Fer et flammes avec le festival Scorfel. Accessoirement, niveau article, le petit Pourquoi j'aime les genres pas sérieux a été réécrit et paraîtra sur un certain site dans le courant du premier semestre 2015, je vous en dirai plus à ce moment là.

Côté études, contre toutes attentes, j'ai validé ma licence d'archéologie. Non pas que je n'aime pas, mais la manière dont la matière est enseignée m'a vite désintéressée des cours. Je préférais écrire ou corriger ! Et pour ma licence professionnelle de cette année, j'ai réussi à trouver un stage très prometteur au centre de documentation de la DRAC (où mes connaissances en archéologie et patrimoine me seront très utiles !). De ce côté, je suis donc plutôt fière de moi.
Côté emploi, rien de neuf, toujours à la médiathèque les week-end, mais cette fois-ci, au rayon littérature. Je vous laisse imaginer le bonheur. Je découvre notamment beaucoup de BD et de comics pendant les heures creuses, j'initie mes responsables du pôle adolescent aux jeux vidéo, qui ne se limitent pas à Fifa et Call of Duty.

Enfin, côté éditorial, je change de côté en prenant, avec Bérengère, la co-direction de la collection E-Courts de chez Voy'[el] : du travail en perspective.

Bon, tout ça, c'est superbe, mais voyons ce qui n'a pas été fait, et donc ce qui reste à faire :
Je n'ai pas vraiment avancé dans les corrections de Valet de Songe, à peine 33% selon mon Maléfique de la correction (version test, je rédigerai un tutoriel si il me paraît satisfaisant).
Je n'ai pas avancé dans Coeur d'écailles, et je me demande de plus en plus si ce roman doit encore occuper mon esprit, ou si je dois le ranger. J'ai beaucoup d'idées pour le réécrire, mais la somme de travail me décourage d'avance. Mais grâce à lui, j'ai beaucoup appris pour les prochains.
J'aimerais continuer à écrire quelques nouvelles et répondre aux appels à textes, mais sans négliger autant Valet de Songe que cette année. J'aimerais finir de le corriger, au moins cette deuxième version. Et peut-être commencer mon prochain projet : La nef de sable (titre provisoire, vu que ça parle absolument pas de nef, mais c'est joli). 
Je vais aussi faire en sorte que la nouvelle numérique domine le monde, alors envoyez nous vos soumissions ! Je dois également descendre un peu ma Pile à Lire, et éviter de la rallonger encore... Seule exception : les romans des copains. Si je peux aider à en corriger dans l'année, ça sera cool !

Côté utopie : avoir ma licence pro et trouver un emploi dans la région. Et obtenir le permis de conduire. 
Hum.

Sur ce, je vous souhaite à tous une bonne année à venir, remplie d'écriture et de lecture, de belles rencontres et tout et tout. Abusez pas sur le chocolat !

Nariel Limbaear

jeudi 20 novembre 2014

Le khamsin des dieux et du salon

Salutations !

Une nouvelle bonne nouvelle concernant une nouvelle : Le khamsin des dieux vient de sortir dans l'anthologie Ce signe apparu en ville, chez Val Sombre.

Vous pouvez vous la procurer un peu partout normalement, mais surtout, vous en trouverez à Rieumajou (31), puisque je serais là-bas pour la dédicacer avec Marie !
C'est pas génial comme programme ?

Sinon, de quoi ça cause cette nouvelle ? Eh bien, c'est l'histoire d'esclaves, dont le Dieu leur promet la libération et décide de châtier les maîtres. Ça, c'est la version que vous connaissez, avec Moïse, le sang sur les portes, la mer scindée en deux, et tout et tout.
Maintenant, si une balade en compagnie d'Anubis, Seth et la compagnie vous intéresse, si vous voulez leur point de vue sur l'histoire, vous avez frappé à la bonne porte.

Accessoirement, les nouvelles sont illustrées, et par bibi pour la plupart !


Voilà, c'est génial ce mois de novembre ! Donc je vous souhaite de bonnes lectures en attendant le prochain article, qui ne devrait tarder... !

Nariel Limbaear

jeudi 6 novembre 2014

Fer et flammes : les dragons de Scorfel

Salutations !

Un court post pour vous annoncer la sélection en troisième position d'une courte nouvelle, Fer et flammes, lors du festival de Scorfel.
Vous pouvez retrouver les sélectionnés ici ainsi que toutes les nouvelles à lire dans le lien en bas de la page.
Voici la nouvelle :
Fer et flammes s’enlacent et s’embrassent. Ma lame me brûle, pourtant le combat se poursuit. De ses écailles, la bête repousse mes assauts ; de son souffle, elle détruit mon bouclier de chêne ; du vent de ses ailes, elle me met à terre et me désarme. D’une prière, je m’apprête pour la mort. La créature m’enveloppe dans ses anneaux. Et pourtant, ne m’étrangle pas.
De ses yeux, elle m’apprend.
À l’écho de mes enfants étouffés par les vapeurs empoisonnées, je vois celui d’un nid éventré. D’œufs encore à éclore, ne restent que des coquilles brisées.
Que sont nos haines mutuelles quand elles s’affrontent dans la perte ? Rien, elles ne sont plus rien, car la compréhension en naît.
Que peuvent deux mères lorsque deux espèces se vouent une telle rancune ? Vingt ans de tueries se pardonnent-ils ? Celle-ci le fait et me propose cette étrange alliance pour rétablir la paix.
Je plonge mon regard dans le sien et mon âme se dissout dans la sienne.

La dragonne lâche un rot sonore une fois l’aventurière gobée. Cette histoire de paix, ils tombent tous dans le panneau... songe-t-elle en crachant l’armure. Comme quoi, qui trop combat le dragon devient dragon lui-même. Au moins le temps de la digestion.


A très bientôt pour d'autres nouvelles, elles ne devraient pas tarder à arriver !

Bonne lecture,

Nariel Limbaear

jeudi 30 octobre 2014

Pourquoi j’aime les genres qui ne sont pas sérieux ?

Depuis que je fréquente le monde de l’imaginaire, via Elbakin ou Cocyclics, je me rends compte à quel point les genres de l’imaginaire sont mal vus par la plupart des lecteurs (étranges mises en abîme puisque de nombreux lecteurs de ces genres méprisent la romance ou le roman de gare). Je n’ai pas envie de pousser un coup de gueule, il y en a assez comme ça je pense, et je doute que ce soit en criant dans tous les sens qu’on convaincra les nobles lecteurs de l’ami Proust (j’ai rien contre Proust, je ne l’ai pas lu. Il paraît qu’il fait de très bonnes madeleines). 

On accuse les littératures de l’imaginaire d’être pour les enfants, d’être mal écrites, de ne pas être propices à la réflexion et d’être un simple genre de distraction (oui, vous comprenez, c’est mal d’écrire pour détendre les gens, leur permettre de passer un bon moment, on est censé tirer la tronche toute la journée en pensant aux problèmes mondiaux). En plus inventer des mondes, c’est vraiment trop rêveur, c’est enfantin. Mais au fond, les histoires racontées ne sont pas différentes, les personnages, qu’ils aient la peau verte ou pas de peau du tout, sont les mêmes, puisque l’humain n’a qu’un seul référent : lui-même. 
Je me rends compte aussi que je ne lis presque que de ça. Alors j’ai tenté de me faire une culture littéraire, pas parce que j’ai honte, mais parce que j’aime découvrir, parce que j’aime l’acte de lecture, j’aime les livres, les textes, les mots, et ce, au-delà de barrières de genres imposées pour des contraintes éditoriales. Un peu pour dire « na » aux gens aussi. Oui, c’est puéril (et digne d’une lectrice d’imaginaire donc !)
The Twa Corbies (or The Two Ravens), Arthur Rackham

Et du coup, en lisant des livres à droite à gauche, d’auteurs variés, venant de pays variés, de genres variés. J’ai fini par entrapercevoir ce qui me plaît dans la lecture, par exemple avec L’épouse de bois (Terri Windling, américaine), La renarde du désert (Xuebo Guo, mongol), etc. J’aime les récits qui m’emportent ailleurs, que cet exotisme soit lié à un pays lointain, un pays imaginaire, à l’imaginaire instillé dans le quotidien, que ce soit dans la plongée de l’âme humaine ou encore grâce à la simple poésie des mots. Ainsi, Le bâtiment de pierre (Asli Erdogan, turque) n’a rien de beau par le fond, rien de propice aux rêveries, car l’auteure aborde des thèmes durs et actuels comme la censure, la répression, la torture, les interrogatoires, les prisons. Pourtant, ses mots montrent ces aspects sous un autre jour, qui happe entre les pages sans pathos, dans toute la beauté des mots et dans toute la réflexion qu’ils peuvent entraîner. Et que dire de Jean-Philippe Jaworski, un Français (voyez, on fait le tour !), qui pare ses personnages tantôt d’une verve mordante et cynique (Don Benvenuto, dans Gagner la guerre) tantôt d’un style ample et épique (Bellovèse dans Même pas mort). Lui-même raconte dans une interview qu’écrire pour divertir n’empêche pas d’écrire des choses graves, auxquelles il faut réfléchir, et je trouve cette pensée très sage. Elle m’a accompagnée tout au long de ma lecture de nombreux ouvrages (entre autre, Le bâtiment de pierre, pour rester dans les lectures « sérieuses », c’est édité chez Actes Sud, une maison sérieuse. Qui se met à l’imaginaire, en passant !). 

Mes grands coups de cœur me portent dans des mondes souvent développés, ou dans des styles recherchés, mais j’aime aussi découvrir l’insolite et le merveilleux dans notre monde. Et ce n’est pas nécessairement quelque chose d’imaginaire. Ce peut être une anecdote historique, un émerveillement pour la beauté, ce peut être la tendresse. Je pense que cet amour de l’histoire et du merveilleux a donné naissance, chez moi, à un amour inconditionnel pour les légendes et les mythes, que ce soit dans leur lecture, leur réécriture, et dans la lecture des réécritures des autres. C’est ce qui fait, en plus de leur plume superbe, que j’ai beaucoup aimé L’épouse de bois de Windling et Les contes myalgiques de Nathalie Dau, entre autres livres et auteurs.
Diane de Versailles, photo de Eric Gaba

Pour en revenir à ce voyage qui m’attire et à ce qui au contraire ne m’attire pas, et pour citer un autre auteur en exemple, j’ai voulu lire Victor Hugo, Notre-Dame-de-Paris (j’avais déjà lu Dernier jour d’un condamné)¸ que j’avais beaucoup aimé car il remue ici les tréfonds de l’âme humaine). Rien à dire, le style est superbe. Mais rien à faire, je m’ennuie. Il ne m’emporte pas. Je ne trouve pas cet exotisme qui m’attire dans la lecture, ni dans le traitement du style (magnifique certes), ni dans le Paris médiéval qu’il décrit (c’est bon, je la connais la cathédrale, j’ai pas besoin de vingt pages pour le savoir qu’elle a une belle nef !). Les rares passages que j’apprécie sont ceux avec Esméralda (influence Disney powa) et Frollo, car je trouve justement l’aspect humain très présent avec eux, on peut s’attarder sur eux (pas comme sur la myriade d’invisibles qu’on survole sans arrêt, qu’on ne revoit jamais, mais qui caractérise la ville plutôt qu’eux-mêmes). Du coup, je persévère, je n’aime pas laisser un livre inachevé. 

Me voilà avec une belle liste d’auteurs à la plume foisonnante, mais je vous rassure, un style sobre, tranchant, m’attire tout autant… pour peu que je sois emportée ailleurs, encore une fois. Qui a peur de la mort ? de Nnedi Okorafor a ce petit goût de sable que j’aime tant, j’aime les déserts. En plus, c’est de la fantasy en Afrique, c’est rare, c’est une découverte. On y cause légendes, pouvoir, magie. Excision, viol, guerre.  Très imaginaire tout ça.

Que dire des livres de Ursula le Guin, à part que cette auteure m'a ouvert un chemin de réflexion sur le genre qui continue de me faire réfléchir. Dans tous ses livres, on retrouve des problématiques parfois très profondes et approfondies. C'est de l'ethnologie assez rigoureuse et de la science-fiction. 

Je n’aime pas les barrières. Pourquoi un livre de l’imaginaire n’aurait-il pas le droit à un style recherché, travaillé, poétique, argotique ? Pourquoi dans l’esprit des gens se résument-ils à des fadaises féeriques mal écrites ? Un monde étranger au nôtre n’est-il pas le terreau le plus fertile pour la critique de notre société, comme le fit La Fontaine avec ses animaux ? 
Pourquoi aimer lire pour le plaisir serait-il un mal ? Est-ce que cela empêche de réfléchir ? De penser à la gravité de ce qui nous entoure ? Non, cela nous y prépare ! Et ce, que l’on soit un lecteur « sérieux », un lecteur de l’imaginaire, ou pire. Un lecteur tout court. 

N’oubliez pas de vous détendre, avec un bon livre surtout, puisqu’une fois détendu, on assimile mieux !  Et je suis désolée pour cet article un peu éparpillé, je l’ai surtout écrit au fil de l’idée. Je retourne dans mes mondes imaginaires ou intérieurs, ceux que je préfère, et tant pis si ça déplait. Au fond, si vous avez un peu pitié des lecteurs d’imaginaire (mais là je me demande ce que vous faites sur mon blog), dites vous qu’au moins… ils lisent !
Cecile Walton

Une petite bibliographie pour la route, des livres qui font rêver et/ou réfléchir et qui sont SFFF :
Bacigalupi Paolo, La fille automate, Au diable vauvert, 2012
Bradbury Ray, Fahrenheit 451, 1953
Clarke Susanna, Jonathan Strange & Mr Norrell, Robert Laffont, 2007
Damasio Alain, La Horde du Contrevent, La Volte, 2004
Dau Nathalie, Les contes myalgiques I & II, Griffe d'Encre, 2007 & 2010
Erdogan Asli, Le bâtiment de pierre, Actes Sud, 2013
Fazi Mélanie, Notre-Dame-aux-Ecailles, Bragelonne, 2008
Guo Xuebo, La renarde du désert, Bleu de Chine, 2001
Keyes Daniel, Des Fleurs pour Algernon, J'ai lu, 1972
Le Guin Ursula K. La main gauche de la nuit, Robert Laffont, 1975
Le Guin Ursula K., Le dit d'Aka, Robert Laffont, 2000
Jaworski Jean-Philippe, Gagner la Guerre, Les Moutons électriques, 2009
Jaworski Jean-Philippe, Même pas mort, Les Moutons électriques, 2013
Okorafor Nnedi, Qui a peur de la mort ? Panini Books, 2013
Pullman Philip, A la croisée des mondes, Gallimard, 2003
Rivero Mathieu, La voix brisée de Madharva, Walrus et Rivière Blanche, 2014
Stoker Bram, Dracula, Ebooks libre et gratuits, 2004
Windling Terry, L'épouse de bois, Les moutons électriques, 2010

mardi 30 septembre 2014

Muses à poils

Salutations !

Aujourd'hui, un article pas sérieux histoire de se détendre un peu entre les bêta-lectures, les lettres de motivation, les nouvelles et ma PII sur laquelle je rame, et histoire de vous présenter mes deux (grosses) petites muses à poils. En plus, c'est la mode de parler de muses, puisque Xavier et Vestrit l'ont fait aussi. Na. 

Sujet d'expérience n°1 : Pattenrond (mais c'est quand même une femelle)
Type : Félin - chat de gouttière
Âge : environ 14 ans
C'est le orange pâle hein
Déteste être prise dans les bras, apprécie modérément les câlins une fois l'auteure assise devant l'ordinateur. Tolère les caresses le reste du temps. Ronronne parfois. Saute des genoux en feulant si on ne la câline plus.
Névrose : aime déchiqueter son carton Ikea quand elle est frustrée.

Conclusion : impossible d'écrire avec le sujet n°1 sur les genoux. Mais compagnie (presque) agréable si s'endort à côté de l'auteure.


Sujet n°2 : Ciri (dimutif de Cirilla)
Type : Rongeur - Rat domestique
Âge : moins d'un an
Rat de bibliothèque (merci Florian pour la photo !)
Adore courir partout, ronger les bijoux, les vêtements, faire pipi sur l'auteure. Kiffe à mort les câlins quand l'auteure est assise à l'ordinateur. Claque des dents de bonheur sans retenue, vit sa vie si pas de câlins. Risque la chute de un mètre de haut car absence notoire de cerveau, fait exceptionnel chez son espèce.

Névrose : addict aux Tucs au bacon

Conclusion : possibilité vague d'écriture d'articles de blogs, parce que trop mignonne pour être délaissée longtemps. Mais embêtante à sortir le reste du temps (cf rongeage), pour lire tranquillement, préférer le sujet n°1. 


Voilà la ménagerie à la maison, ne reste qu'à acheter un poisson rouge et un oiseau pour compléter la ménagerie. 

A bientôt et bonnes lectures en attentant, 

Nariel Limbaear

mercredi 24 septembre 2014

La fable du dragon et du rat

Salutations !

Après quelques mois plutôt vides, je viens vous annoncer une bonne nouvelle, la première d'une longue suite je l'espère (normalement, 4,5 dans les cartons ! c'est fou !).
Wikimedia Commons : Shizhao

Pour cette première bonne nouvelle, il s'agit de la publication de La Fable du dragon et du rat, une histoire de dragon alcoolique, de rat débrouillard et de hibou mégalomane. Elle est parue le 21 septembre dans l'anthologie Si ton péché m'était conté, de Faëries Legends. 


Je partage le sommaire avec six autres auteurs et trois illustrateurs :
Béatrice Ruffié Lacas
Florence Cochet
Guillaume Artaud
Justine Hye
Manon Bousquet
Nicolas Saintier (pas le premier sommaire partagé ! Oui, ce nom apparaît déjà dans Les Petites histoires de l'Histoire, que j'ai dirigé, mais aussi dans En attendant l'Apocalypse)
Thibault Coiffier


Imaginarium (O) Fées
Wolfy d'Arkan (oui, vous connaissez ce nom, il a bossé sur la couverture des Petites histoires de l'Histoire et sur celle, jamais publiée, de Et si les Hommes... !)
Natacha Bailly 


Vous trouverez l'anthologie en vente en papier et en numérique. Et si vous voulez visiter le site de l'éditeur, c'est Faëries Legends.

Bonnes lectures à tous,

Nariel Limbaear

dimanche 31 août 2014

Ma vif en GIF

Salutations !

Vous l'aurez sans doute vu sur d'autres blogs, la mode est à la fameuse chaîne des GIFs animés pour raconter sa vie selon 5 mots clés, donnés par un tiers, puis on choisit cinq autres mots pour nommer 5 autres personnes.
Là c'est l'adorable Hatshoumette qui m'a tagguée, donc allons y gaiement !


Cauchemar

Adolescente, je faisais souvent de terribles cauchemars. M'en est restée une peur du noir, une peur de dormir aussi, mais qui a fini par s'estomper (voir point numéro 3). Par contre, depuis 2009, je rêve régulièrement, pas forcément souvent, que je revois mon père, qu'on parle, qu'on partage, qu'on se prend dans les bras. Et après, je me réveille. C'est toujours un peu déstabilisant au moment d'ouvrir les yeux, l'instant où on y croit encore, puis le moment où on se rappelle de la réalité.


Attente


Généralement, je suis plutôt patiente. Mais quand je sais qu'une échéance est proche, ou alors que je dois attendre parce qu'un bon repas mijote en cuisine (voir point numéro 3), eh bien là je trépigne, je tourne en rond (voire je bave si c'est un gâteau !).
Là actuellement, on peut dire que je suis dans cet état pour l'appel à textes Feu.


Amour


Mais si c'était que ça, on s’ennuierait.
(et oui, on est aussi du genre à faire les mêmes blagues qu'eux aux autres !)


Rire


Je rigole souvent de choses absurdes, décalées, même si j'aime aussi beaucoup le second degré, les gifs de chat, et rire de mon chat ou de mon rat quand elles font les idiotes. 


Encre

Je n'écris presque plus au stylo, même en cours. Les seules exceptions sont les partiels, j'y suis bien obligée. Du coup, pour moi, l'encre c'est plutôt ça. En plus, l'encre, ça reste l'écriture : et l'écriture, c'est avec les copains généralement. Toute seule, je me démotive vite. J'ai souvent besoin d'avoir le moral remonté par les amis ou le point numéro 3. 
(Au passage, corrections éditoriales en cours pour une nouvelle !)


Alors, les cinq victimes seront :

Et elles et il devront plancher sur les cinq mots suivants et y associer des gifs animés :

Création
Animaux
Nourriture
Futur
Lecture

Allez hop, au boulot et à bientôt,

Nariel

samedi 30 août 2014

L'épouse de bois, Terri Windling



Bon, huit mois après ma lecture, j’arrive enfin à me poser devant mon traitement de texte pour essayer de vous parler de ce roman qui a été et reste pour mois un coup de cœur énorme. Comme tous mes grands coups de cœur et même plus que les précédents, ce roman m’a plongée dans une phase de non-lecture et de non-écriture, car j’avais l’impression que rien ne pouvait suivre ce livre. Mais bon, la vie continue !
En tant que lectrice, j’aime beaucoup les ambiances, j’y attache énormément d’importance. Et ici, j’ai été servie. Je crois que la plupart des gens qui ont lu ce livre ont, pendant un instant, hésité à prendre un billet d’avion pour l’Arizona (j’hésite encore…). Durant les 300 pages, on est embarqués non seulement dans le désert, dans la forêt, dans les canyons, mais aussi dans un autre univers : celui où naissent la magie, l’émerveillement, le réenchantement du monde. 
C’est une magie du quotidien, de la nature, sans cesse présente, jamais imposée, toujours à portée de main. Elle se mélange aussi bien au paysage qu’aux êtres, elle se fond dans la peinture, dans la poésie, elle inspire, elle transcende, parfois jusqu’à la folie ceux qui osent l’écouter. 
Cette ambiance de désert et de magie éclipserait presque les personnages, mais heureusement, Maggie Black et les voisins du défunt David Cooper ne se laissent pas oublier. Ils mènent ou suivent l’histoire selon les moments, mais toujours avec harmonie. Ils ont leur caractère, leur passé, ils ne restent pas simples pages de papier qui n’ont ni passé ni futur. Ils évoluent, apprennent, reviennent en arrière, boudent. Tous donnent envie d’aller leur serrer la main, dire quelques mots autour d’un thé glacé sur le perron de la maison. 
Si la trame se perd parfois, elle ne donne pas l’impression de longueurs, mais plutôt d’une douce lenteur de quelqu’un qui sait prendre son temps, et sait revenir au bon moment pour raccrocher le lecteur égaré. Et tout le génie de Windling ici, c’est que cette trame relie tous les éléments, la nature n’étant plus un simple décor, mais l’un des acteurs du livre.
Bref, un livre magnifique, dont on ressort de belles images plein les yeux, et jamais indemne. 

(Je me suis fait plaisir avec l’édition des Moutons électriques, 20 euros plus cher que le poche, mais elle est tellement belle !)


Les autres romans de Terri Windling n'ont malheureusement pas été traduits en français, et vu la traduction au style assez ample (mais très beau), je doute que mon niveau d'anglais soit suffisant. Cependant, si vous lisez couramment l'anglais, voici :
  • The Changeling (1995)
  • Red Rock (1998)
  • The Raven Queen (1999)
  • A Midsummer Night's Faery Tale (1999) (avec Wendy Froud)
  • The Winter Child (2001) (avec Wendy Froud)
  • The Faeries of Spring Cottage (2003) (avec Wendy Froud)
Rien qu'aux noms, on sent revenir l'ambiance, n'est-ce pas ?

Elle a également dirigé beaucoup d'anthologies, que vous laisse découvrir sur sa page Wikipédia en anglais. En français, seule Blanche Neige, Rouge Sang [(avec Ellen Datlow), Fleuve noir, coll. Rendez-vous ailleurs, 2002] a été publiée.

En espérant que la lecture vous plaise autant qu'à moi.

Saguaro National Park, Arizona, USA. Photo by Hugh Mason

dimanche 3 août 2014

Chroniques du mois : Qui a peur de la mort et le bâtiment de pierre

Le bâtiment de pierre (2013) de Asli Erdogan
Au coeur de l’onirisme, à la frontière du visible et de l’invisible, entre mémoire, rêve et cris, une femme se souvient du Bâtiment de pierre. Dans cette prison, des militants politiques, des intellectuels récalcitrants à la censure, des gosses des rues – petits voleurs de misère – se retrouvaient pris au piège.
 De ce monde de terreur véritable, la narratrice de ce récit est pourtant revenue et sa voix, en une étrange élégie, se fait l’écho d’un ange, un homme qui s’est éteint dans cette prison en lui laissant ses yeux.

 Ce livre est un chant dont la partition poétique autorise le motif en lui donnant parfois une douceur paradoxalement inconcevable. Un texte rare sur l’un des non-dits de la vie en Turquie.
Un livre très intéressant que voilà, une poésie en prose qui parle d’horreurs et de prison à travers le filtre pudique des mots. La traduction rend bien hommage au style de l’auteure, même si je suis incapable de dire si elle lui est fidèle.
Si la beauté du style est là, l’enchaînement des figures abstraites, les retours en arrière, ou en avant, les narrateurs, les « tu », font de ce récit quelque chose d’absolument pas linéaire et, parfois, de difficilement compréhensible. Le livre manque d’une postface, que ce soit de l’auteur ou de l’éditeur, pour parler de ce récit, je trouve. L’expliquer ne l’affadirait pas, n’enlèverait rien de sa force au contraire.

(Pour les curieux, l’auteure parle d’une prison où se mélangent les opposants politiques avec les gamins des rues, et si la narratrice est enfermée avec eux, je n’ai trouvé nulle part trace de cet enfermement. Par contre, les revues de presse évoquent la possibilité d’un proche enfermé - et torturé.)

Une lecture à ne pas mettre dans toutes les mains, tant à cause de son thème que de sa narration.


Qui a peur de la mort ? (2013) de Nnedi Okorafor

Afrique, après l’apocalypse. 
Le monde a changé de bien des façons, mais il est une région où les génocides intertribaux continuent d’ensanglanter la terre. Une femme survit à l’anéantissement de son village et au viol commis par un général ennemi.
Elle erre dans le désert dans l’espoir d’y mourir, mais donne naissance à une petite fille dont la peau et les cheveux ont la couleur du sable. Persuadée que son enfant est différente, extraordinaire, elle la nomme « Onyesonwu », ce qui signifie, dans une langue ancienne : « Qui a peur de la mort ? »
À mesure qu’Onye grandit, elle comprend peu à peu qu’elle porte les stigmates physiques et sociaux de sa violente conception.
Des pouvoirs magiques aussi insolites que remarquables commencent à se manifester chez elle alors qu’elle est encore enfant. Sa destinée mystique et sa nature rebelle la poussent à quitter son foyer pour se lancer dans un voyage qui la forcera à affronter sa nature, la tradition, l’histoire, l’amour, les mystères spirituels de sa culture, et à apprendre enfin pourquoi elle a reçu le nom qu’elle porte.

En tout premier lieu, je trouve que ce roman est l’exemple même du livre de SFFF qui n’est pas juste de la distraction, qu’il brise ce cliché qu’ont les non-lecteurs. Celui-là le fait de manière plus crue, plus forte, plus proche que de nombreux autres, abordant entre autres la place des traditions, l’impact des préjugés et les femmes dans les sociétés, africaines ou non. Car au-delà de ce dépaysement des thématiques et problématiques liées à l’Afrique, la plupart des questionnements soulevés peuvent s’appliquer à maints endroits.
On ne peut pas séparer ces problématiques de l’histoire de Onye, qui les traverse, voire les affronte. Cette narratrice m’a émue, tordu les tripes dans tous les sens durant son voyage, pourtant, il n’y a pas de pathos dégoulinant. Oui, elle a peur, elle a mal, mais elle continue sans se plaindre. En plus de ça, elle est mordante, puissante et frêle à la fois, tout en contraste, en réel et en irréel. C’est dur de la décrire, mais cela fait longtemps que je ne m’étais pas attaché à ce point à un personnage, et pour mieux en souffrir avec elle dans son périple horriblement sombre. Tous les autres personnages n’ont pas sa force en terme de caractérisation, mais on les ressent très bien à travers elle (Luyu, Mwita, sa mère, le peuple rouge…) et c’est un plaisir de les avoir à nos côtés. Les sociétés sont dépeintes avec le dégoût d’Onye, mais aussi sa curiosité, son envie d’en faire partie. Tout vit à travers son regard avec une telle force… Un petit bémol, j’ai trouvé que la fin, à partir de la maison à la porte bleue pour ne pas spoiler (peut-être avant en fait, avec les champs), se passait très très vite, presque bâclée alors que le reste du roman sait prendre son temps, se dérouler comme un serpent. Certes l’action s’enchaîne, mais cette fin m’a laissé un arrière-goût d’inachevé. Je pense qu’on peut le justifier par la narration à la première personne et par ce qui arrive à Onye, mais n’empêche que voilà.
Le reste est un régal – et je recommande de lire la petite post-face de l’auteure !

Bref, merci à ma médiathèque de l’avoir eu en rayon et merci à ma libraire chez qui j'ai couru l’acheter !


A bientôt pour d'autres lectures !

lundi 30 juin 2014

Les illustrations du mois de juin

Salutations !

Rassurez-vous, je continue d'écrire ! J'ai même envoyé une nouvelle ce mois-ci et j'en ai un stock en projet, pour écrire cet été en même temps que la correction de ma novella Valet de Songe.
Par contre, je me suis mise à l'illustration vectorielle. Contrairement à ce que l'on fait sous Photoshop, où les images ont une taille fixe, je travaille sous Illustrator où j'utilise des images vectorielles, uniquement définies par des points et des tracés : on peut les étendre ou les réduire sans perte de qualité. 
Vu mon niveau en dessin numérique (et en dessin tout court), pour le moment ce que je fais se rapproche plutôt du collage que du dessin, mais c'est amusant en soi également. J'utilise des images qui existent, je les coupe, les déforme, les regroupe. Pour continuer dans la même lignée que le reste du blog, j'utilise des images libres de droit.
Bref, voilà les illustrations que j'ai réalisées ce mois-ci (et une d'avant mais je n'allais pas faire un article juste pour ça !).


Valet de Songe (vecteurs utilisés provenant de Snap2Objects)

Lorsque se consume la Lune de l'Ourse (vecteurs utilisés provenant de All-Silhouettes)


Invisible (AllSilhouettes également) (plus de deux cents flocons quand même !)

Bref, c'est tout pour ce mois-ci, on se retrouve le 31 juillet pour les illustrations du mois prochain !

mardi 15 avril 2014

Histoire de l'usage antique et médiéval des matériaux : le bois, la pierre et l'argile

LA PIERRE

On utilise principalement la pierre locale, souvent des calcaires, pour des raisons évidentes de pratique et économiques. Les pierres importées sont alors réservées pour les parties nobles de l’architecture, ou pour de grands bâtiments importants.
On divise les pierres en deux catégories : les pierres tendres, comme le calcaire, et les pierres dures comme le marbre. On en rajoute parfois une troisième, difficilement malléable, les pierres froides, tel le granit.
On trouve par exemple à Pompéi du tuf, de la lave, tandis qu’à Rome, on aura également du tuf volcanique (qui durcir à l’air), et du travertin.
Le marbre, lors de sa formation, a subi une forte chaleur et une forte pression, c’est donc une pierre qu’on ne trouve que dans les chaînes montagneuses.
Le marbre blanc des Pyrénées se trouve à Saint-Béat, Mérignac, Sost et Anguenos. C’est avec ce marbre qu’a été édifié le trophée de Saint-Bertrand-de-Comminges. 
Sarcophage de la première moitié du Ve siècle situé dans la crypte de l'abbaye de Saint-Victor à Marseille. En marbre de Saint-Béat.
Source : 
Robert Valette


Les marbres blancs des Alpes sont importés depuis Carrare et du Pentélique (sud d’Athènes). On en trouve également dans les îles de la mer Égée et celles de Paros et Nexo.
Les marbres de couleur viennent :
Des carrières d’Aubert (Ariège, Salat) : on l’appelle le Grand Antique d’Aubert, il a un ciment blanc et très larges veines noires.
Marbre grand antique d'Aubert
Source : http://www.museesbagneres.fr/

On trouve le marbre griotte, à la surface recouverte de petits cercles en forme d’amande. On le trouve vert ou rouge, principalement originaire de Saint de Marie de Campan, voire de Cierp pour le rouge.
Marbre griotte rouge de Félines dite œil de perdrix Félines-Minervois
Source : http://www.museesbagneres.fr/

La brèche de Lez, avec des fragments angulés cimentés par des sédiments d’une couleur jaune ou rose pâle. Le jaune peut remplacer le chemtou lorsque l’on manque de moyens.
Ce dernier, le chemtou est un marbre jaune de Tunisie, aussi appelé « jaune antique » (giallo antico).
Marbre antique chemtou
Source : Daniela Heller

Le pavonazzetto vient de Phrygie mineure, et il est très rare, à tel point qu’il en devient très cher. On le retrouve surtout dans les maisons impériales.
Buste en marbre Pavonazzetto, Musées du Capitole
Source : 
Jean-Pol GRANDMONT

Le cipolin est un marbre blanc veiné de bleu ou vert, il vient d’Eubée.
Marbre cipolin
Source : Wikipedia Commons

Le granit vient du sud de l’Égypte, vers Assouan. Il est très difficile à exploiter et très dur à sculpter.
L'Obélisque inachevé, granit d'Assouan
Source : 
Gérard Ducher
Source : Claude Augé
Porphyre rose
Source : Wikipedia Commons

Le porphyre rouge/vert vient d’Égypte pour le premier, du mont Taygète. On le trouve également dans des villas plutôt aisées.






L’onyx ne se retrouve que dans de petits plaquages (opus sectile) et très rarement en sculpture.
Onyx
Source : Simon Eugster

On trouve également l’albâtre et le basalte.

L’extraction de la pierre

On utilise la smille pour extraire et dégrossir les pierres. On commence l’extraction par le havage, soit de profondes rainures qui délimitent la largeur et la hauteur du bloc à l’aide de la smille. L’on met en place des coins que l’on force à la masse pour finir de dégager le bloc ainsi délimité.
On trouve également de petites forges, et les outils qui vont avec, pour un entretien fréquent des outils de la carrière. Les blocs de pierre taillée extraits sont appelés parpaing, à l’époque romaine. On les transporte de manière classique avec des chariots à bœufs ou en pente à l’aide de glissières. Pour les plus lourds, on les encastre dans deux grandes roues.
L’épannelage consiste à dégrossir la pierre sur le chantier, comme le partage des blocs (à la scie, c’est plus long mais plus sûr ; avec des coins, c’est plus rapide mais demande plus de dextérité).
Outils à percussion lancée : masse, etc. Maniée par un homme seul, avec force, cela reste aisé et consiste en la première étape d’extraction et de dégrossissage. À percussion posée : ciseaux, poinçons…
Pour la roche tendre, on utilise le maillet et on frappe sur des ciseaux/poinçons à manche de bois (qui amortira le choc), tandis que pour les roches dures, on va privilégier la masse, ou massette, avec des ciseaux/poinçons sans manche.
Pour l’extraction, on utilise la smille, des marteaux « têtu » et « polka ». Les ciseaux servent à donner une forme à la pierre. On fore au trépan pour creuser des trous.

L’ARGILE

Il y a deux formes de construction avec l’argile : celles qui l’utilisent crue, et celles qui l’utilisent cuite. Elle est utilisée principalement en Orient et au Maghreb : là où il pleut peu et rarement.
Crue, on l’utilise pour les parois des maisons, de deux manières différentes : telle quelle, ou en briques. L’avantage de ces techniques est qu’elles sont peu coûteuses et rapides : les carrières sont fréquentes, et il suffit de la débarrasser des impuretés, de la laver puis de la fouler au pied pour la mélanger à l’eau et aux dégraissants, puis on la laisse reposer dans un bassin de décantation. Plus elle sera pure, de meilleure qualité elle sera, surtout cuite.
Si l’on ne mélange pas l’argile avec des dégraissants, sauf l’argile naturellement dégraissée (qui contient du sable, du quartz…), elle va sécher et se fissurer. Ces dégraissants sont végétaux et animaux (herbes, foins, crins), ou encore minéraux (sable, grains de quartz). L’argile ainsi obtenue est appelée torchis si c’est un dégraissant végétal/animal, et pisé si minéral (c’est le terme que l’on retient pour l’argile dégraissée, même si c’est du torchis).
On construit ensuite un coffrage en bois de l’épaisseur du mur que l’on désire puis l’on y verse l’argile, que l’on dame (avec un pison, à gauche) pour évacuer l’humidité et avoir une couche la plus dense possible. On fait ça par couche, de la hauteur des planches de bois du coffrage, et ces couches sont appelées branchées. Pour la brique crue, on place l’argile dans un cadre sans fond que l’on démoule, puis que l’on laisse sécher au soleil.
On peut consolider les structures de briques crues (ou adobe) par des poutres, pour former une structure à pans de bois.
Pour faire des briques cuites, il y a besoin d’un four. Les plus classiques et les plus simples ont une partie enterrée, qui contient une chambre de chauffe et un foyer. La partie au-dessus du sol, là où l’on met les briques à cuire, s’appelle le laboratoire. On peut également le trouver des deux côtés de la chambre de chauffe, reliés par des canaux nommés alandiers qui conduisent l’air chaud.
Une fois le chargement placé dans le(s) laboratoire(s), la porte est scellée. Lorsque la cuisson sera terminée, on la cassera. Le four est isolé au moyen de murs de briques pour conserver un maximum de chaleur, tandis que le sommet est percé d’ouvertures pour favoriser le tirage.
Il faut entre trois et sept jours pour cuire une production, et le four chauffe jusqu’à 800° dans la partie basse, tandis que dans la partie haute il fait 400° (et l’on jettera tout ce qui n’est pas assez cuit).
Suivant les époques, les briques (pas toutes) sont estampillées par le sceau du fabricant, et parfois même de la date du consul sous lequel elles ont été émises, le propriétaire de la carrière, le producteur, le lieu de destination, mais au quatrième siècle, on revient à la notation la plus simple : le fabriquant.


LE BOIS

On en retrouve des traces sous forme putréfiée ou carbonisée, mais le plus souvent, c’est sous la forme négative que l’on rencontre le bois : la plus fréquente est celle des trous de poteaux.
On utilise deux sortes d’essences : celles à croissance rapide, comme le sapin ou le peuplier, mais comme ils sont peu résistants, on les emploie dans des constructions provisoires tel que le coffrage. Pour les ouvrages plus résistants tels que la charpente, les pans de bois, on utilisera du chêne ou du châtaignier. Ce sont ces mêmes charpentes que l’on conserve le plus longtemps, environ 500 ans, tandis que du bois laissé au sol pourrira beaucoup plus vite, le chêne mettant dix ans pour se désagréger.
On a réussi à identifier les métiers du bois en partie par les fouilles, mais elles livrent peu d’outils (qui ont relativement peu changé jusqu’au début du 20e siècle). C’est surtout l’iconographie qui raconte des scènes communes (ou moins communes) et qui nous a livré ces métiers.
Il y a tout d’abord le bûcheron, qui se charge de l’abattage avec une hache (aussi appelée cognée ou ascia) pour les arbres de petit diamètre.
La tapisserie de Bayeux
Pour les troncs plus importants, ils utilisent la scie passe-partout, en complément de la hache et avec l’aide de coins (cales). L’abattage et l’ébranchage ont surtout lieu en hiver, pour que le bois soit moins gonflé par la sève. Pour ébrancher, on se sert d’un ébranchoir, tout d’abord avant, puis après l’abattage. Les petites branches sont sciées à l’aide d’une scie égoïne.
Une fois ébranché, l’arbre gardant son écorce est appelé grume. Il est traîné, porté ou flotté jusqu’à l’équarrisseur.
L’équarrisseur donne une forme aux grumes une fois qu’ils ont été transportés et durcis : soit par l’air, protégés, soit dans l’eau où le calcaire les renforcera. Selon l’utilisation que l’on compte en faire, ils sont laissés à sécher plus longtemps. Outre l’équarrisseur, il y a également les scieurs de long. L’équarrissage consiste à débiter la grume en billes (billae), mais selon l’usage de la bille, comme la transformation en planche, on utilise de nouveau la scie passe-partout, mais également la scie à cadre. 
On commence par l’écorçage des grumes, avec une hache d’équarrissage, puis à l’équarrissage lui-même où l’on donne une forme (plus ou moins parallélépipédique), que l’on peut débiter en planches. Dans ce cas-là, c’est le scieur de long qui s’en occupe, à l’aide de la scie à cadre.
Le charpentier, outre la charpente, fabrique les tenons et les mortaises, qui servent à faire tenir la structure. Il utilise le rabot et l’herminette. Les billes de bois sont également utilisées dans les maisons à pans de bois.

La scie passe-partout

Exposition "Outils des métiers d'antan", 2010, Caussou
La scie dite "passe-partout" servait à scier les grosses pièces de bois ainsi que les troncs d'arbre. Elle se maniait à deux et nécessitait une grande synchronisation : chacun devait tirer à son tour, sans jamais pousser, auquel cas la scie se tordait et l'on n'avançait pas, ou pire, elle pouvait se casser.Les rabots

Exposition "Outils des métiers d'antan", 2010, Caussou
La varlope est un rabot de dégrossissage (ci-dessus), qui sert pour les grandes planches, les gros travaux.
Les autres rabots sont plus précis, servent pour les finitions. On trouve même des rabots à moulures, qui servent à sculpter le bois dans la même forme, en décoration :

(détail)

Les autres outils du bois
("Outils des métiers d'antan" 2010, Caussou)
On trouve ici : (de haut en bas, de gauche à droite) : Une vrille à bois, qui sert à percer le bois, une "sauterelle" et une équerre, qui servent toutes deux à la mesure d'angle.
En-dessous, une scie à bois, divers ciseaux qui permettent d'entailler le bois, une lime qui sert à le lisser.

Le trusquin sert lui à tracer des lignes parallèles, pour le menuisier ou l'ébéniste.

Sources : Université Toulouse II le Mirail, E. Boube et Exposition Outils et métiers d'Antan.