dimanche 31 août 2014

Ma vif en GIF

Salutations !

Vous l'aurez sans doute vu sur d'autres blogs, la mode est à la fameuse chaîne des GIFs animés pour raconter sa vie selon 5 mots clés, donnés par un tiers, puis on choisit cinq autres mots pour nommer 5 autres personnes.
Là c'est l'adorable Hatshoumette qui m'a tagguée, donc allons y gaiement !


Cauchemar

Adolescente, je faisais souvent de terribles cauchemars. M'en est restée une peur du noir, une peur de dormir aussi, mais qui a fini par s'estomper (voir point numéro 3). Par contre, depuis 2009, je rêve régulièrement, pas forcément souvent, que je revois mon père, qu'on parle, qu'on partage, qu'on se prend dans les bras. Et après, je me réveille. C'est toujours un peu déstabilisant au moment d'ouvrir les yeux, l'instant où on y croit encore, puis le moment où on se rappelle de la réalité.


Attente


Généralement, je suis plutôt patiente. Mais quand je sais qu'une échéance est proche, ou alors que je dois attendre parce qu'un bon repas mijote en cuisine (voir point numéro 3), eh bien là je trépigne, je tourne en rond (voire je bave si c'est un gâteau !).
Là actuellement, on peut dire que je suis dans cet état pour l'appel à textes Feu.


Amour


Mais si c'était que ça, on s’ennuierait.
(et oui, on est aussi du genre à faire les mêmes blagues qu'eux aux autres !)


Rire


Je rigole souvent de choses absurdes, décalées, même si j'aime aussi beaucoup le second degré, les gifs de chat, et rire de mon chat ou de mon rat quand elles font les idiotes. 


Encre

Je n'écris presque plus au stylo, même en cours. Les seules exceptions sont les partiels, j'y suis bien obligée. Du coup, pour moi, l'encre c'est plutôt ça. En plus, l'encre, ça reste l'écriture : et l'écriture, c'est avec les copains généralement. Toute seule, je me démotive vite. J'ai souvent besoin d'avoir le moral remonté par les amis ou le point numéro 3. 
(Au passage, corrections éditoriales en cours pour une nouvelle !)


Alors, les cinq victimes seront :

Et elles et il devront plancher sur les cinq mots suivants et y associer des gifs animés :

Création
Animaux
Nourriture
Futur
Lecture

Allez hop, au boulot et à bientôt,

Nariel

samedi 30 août 2014

L'épouse de bois, Terri Windling



Bon, huit mois après ma lecture, j’arrive enfin à me poser devant mon traitement de texte pour essayer de vous parler de ce roman qui a été et reste pour mois un coup de cœur énorme. Comme tous mes grands coups de cœur et même plus que les précédents, ce roman m’a plongée dans une phase de non-lecture et de non-écriture, car j’avais l’impression que rien ne pouvait suivre ce livre. Mais bon, la vie continue !
En tant que lectrice, j’aime beaucoup les ambiances, j’y attache énormément d’importance. Et ici, j’ai été servie. Je crois que la plupart des gens qui ont lu ce livre ont, pendant un instant, hésité à prendre un billet d’avion pour l’Arizona (j’hésite encore…). Durant les 300 pages, on est embarqués non seulement dans le désert, dans la forêt, dans les canyons, mais aussi dans un autre univers : celui où naissent la magie, l’émerveillement, le réenchantement du monde. 
C’est une magie du quotidien, de la nature, sans cesse présente, jamais imposée, toujours à portée de main. Elle se mélange aussi bien au paysage qu’aux êtres, elle se fond dans la peinture, dans la poésie, elle inspire, elle transcende, parfois jusqu’à la folie ceux qui osent l’écouter. 
Cette ambiance de désert et de magie éclipserait presque les personnages, mais heureusement, Maggie Black et les voisins du défunt David Cooper ne se laissent pas oublier. Ils mènent ou suivent l’histoire selon les moments, mais toujours avec harmonie. Ils ont leur caractère, leur passé, ils ne restent pas simples pages de papier qui n’ont ni passé ni futur. Ils évoluent, apprennent, reviennent en arrière, boudent. Tous donnent envie d’aller leur serrer la main, dire quelques mots autour d’un thé glacé sur le perron de la maison. 
Si la trame se perd parfois, elle ne donne pas l’impression de longueurs, mais plutôt d’une douce lenteur de quelqu’un qui sait prendre son temps, et sait revenir au bon moment pour raccrocher le lecteur égaré. Et tout le génie de Windling ici, c’est que cette trame relie tous les éléments, la nature n’étant plus un simple décor, mais l’un des acteurs du livre.
Bref, un livre magnifique, dont on ressort de belles images plein les yeux, et jamais indemne. 

(Je me suis fait plaisir avec l’édition des Moutons électriques, 20 euros plus cher que le poche, mais elle est tellement belle !)


Les autres romans de Terri Windling n'ont malheureusement pas été traduits en français, et vu la traduction au style assez ample (mais très beau), je doute que mon niveau d'anglais soit suffisant. Cependant, si vous lisez couramment l'anglais, voici :
  • The Changeling (1995)
  • Red Rock (1998)
  • The Raven Queen (1999)
  • A Midsummer Night's Faery Tale (1999) (avec Wendy Froud)
  • The Winter Child (2001) (avec Wendy Froud)
  • The Faeries of Spring Cottage (2003) (avec Wendy Froud)
Rien qu'aux noms, on sent revenir l'ambiance, n'est-ce pas ?

Elle a également dirigé beaucoup d'anthologies, que vous laisse découvrir sur sa page Wikipédia en anglais. En français, seule Blanche Neige, Rouge Sang [(avec Ellen Datlow), Fleuve noir, coll. Rendez-vous ailleurs, 2002] a été publiée.

En espérant que la lecture vous plaise autant qu'à moi.

Saguaro National Park, Arizona, USA. Photo by Hugh Mason

dimanche 3 août 2014

Chroniques du mois : Qui a peur de la mort et le bâtiment de pierre

Le bâtiment de pierre (2013) de Asli Erdogan
Au coeur de l’onirisme, à la frontière du visible et de l’invisible, entre mémoire, rêve et cris, une femme se souvient du Bâtiment de pierre. Dans cette prison, des militants politiques, des intellectuels récalcitrants à la censure, des gosses des rues – petits voleurs de misère – se retrouvaient pris au piège.
 De ce monde de terreur véritable, la narratrice de ce récit est pourtant revenue et sa voix, en une étrange élégie, se fait l’écho d’un ange, un homme qui s’est éteint dans cette prison en lui laissant ses yeux.

 Ce livre est un chant dont la partition poétique autorise le motif en lui donnant parfois une douceur paradoxalement inconcevable. Un texte rare sur l’un des non-dits de la vie en Turquie.
Un livre très intéressant que voilà, une poésie en prose qui parle d’horreurs et de prison à travers le filtre pudique des mots. La traduction rend bien hommage au style de l’auteure, même si je suis incapable de dire si elle lui est fidèle.
Si la beauté du style est là, l’enchaînement des figures abstraites, les retours en arrière, ou en avant, les narrateurs, les « tu », font de ce récit quelque chose d’absolument pas linéaire et, parfois, de difficilement compréhensible. Le livre manque d’une postface, que ce soit de l’auteur ou de l’éditeur, pour parler de ce récit, je trouve. L’expliquer ne l’affadirait pas, n’enlèverait rien de sa force au contraire.

(Pour les curieux, l’auteure parle d’une prison où se mélangent les opposants politiques avec les gamins des rues, et si la narratrice est enfermée avec eux, je n’ai trouvé nulle part trace de cet enfermement. Par contre, les revues de presse évoquent la possibilité d’un proche enfermé - et torturé.)

Une lecture à ne pas mettre dans toutes les mains, tant à cause de son thème que de sa narration.


Qui a peur de la mort ? (2013) de Nnedi Okorafor

Afrique, après l’apocalypse. 
Le monde a changé de bien des façons, mais il est une région où les génocides intertribaux continuent d’ensanglanter la terre. Une femme survit à l’anéantissement de son village et au viol commis par un général ennemi.
Elle erre dans le désert dans l’espoir d’y mourir, mais donne naissance à une petite fille dont la peau et les cheveux ont la couleur du sable. Persuadée que son enfant est différente, extraordinaire, elle la nomme « Onyesonwu », ce qui signifie, dans une langue ancienne : « Qui a peur de la mort ? »
À mesure qu’Onye grandit, elle comprend peu à peu qu’elle porte les stigmates physiques et sociaux de sa violente conception.
Des pouvoirs magiques aussi insolites que remarquables commencent à se manifester chez elle alors qu’elle est encore enfant. Sa destinée mystique et sa nature rebelle la poussent à quitter son foyer pour se lancer dans un voyage qui la forcera à affronter sa nature, la tradition, l’histoire, l’amour, les mystères spirituels de sa culture, et à apprendre enfin pourquoi elle a reçu le nom qu’elle porte.

En tout premier lieu, je trouve que ce roman est l’exemple même du livre de SFFF qui n’est pas juste de la distraction, qu’il brise ce cliché qu’ont les non-lecteurs. Celui-là le fait de manière plus crue, plus forte, plus proche que de nombreux autres, abordant entre autres la place des traditions, l’impact des préjugés et les femmes dans les sociétés, africaines ou non. Car au-delà de ce dépaysement des thématiques et problématiques liées à l’Afrique, la plupart des questionnements soulevés peuvent s’appliquer à maints endroits.
On ne peut pas séparer ces problématiques de l’histoire de Onye, qui les traverse, voire les affronte. Cette narratrice m’a émue, tordu les tripes dans tous les sens durant son voyage, pourtant, il n’y a pas de pathos dégoulinant. Oui, elle a peur, elle a mal, mais elle continue sans se plaindre. En plus de ça, elle est mordante, puissante et frêle à la fois, tout en contraste, en réel et en irréel. C’est dur de la décrire, mais cela fait longtemps que je ne m’étais pas attaché à ce point à un personnage, et pour mieux en souffrir avec elle dans son périple horriblement sombre. Tous les autres personnages n’ont pas sa force en terme de caractérisation, mais on les ressent très bien à travers elle (Luyu, Mwita, sa mère, le peuple rouge…) et c’est un plaisir de les avoir à nos côtés. Les sociétés sont dépeintes avec le dégoût d’Onye, mais aussi sa curiosité, son envie d’en faire partie. Tout vit à travers son regard avec une telle force… Un petit bémol, j’ai trouvé que la fin, à partir de la maison à la porte bleue pour ne pas spoiler (peut-être avant en fait, avec les champs), se passait très très vite, presque bâclée alors que le reste du roman sait prendre son temps, se dérouler comme un serpent. Certes l’action s’enchaîne, mais cette fin m’a laissé un arrière-goût d’inachevé. Je pense qu’on peut le justifier par la narration à la première personne et par ce qui arrive à Onye, mais n’empêche que voilà.
Le reste est un régal – et je recommande de lire la petite post-face de l’auteure !

Bref, merci à ma médiathèque de l’avoir eu en rayon et merci à ma libraire chez qui j'ai couru l’acheter !


A bientôt pour d'autres lectures !