samedi 30 août 2014

L'épouse de bois, Terri Windling



Bon, huit mois après ma lecture, j’arrive enfin à me poser devant mon traitement de texte pour essayer de vous parler de ce roman qui a été et reste pour mois un coup de cœur énorme. Comme tous mes grands coups de cœur et même plus que les précédents, ce roman m’a plongée dans une phase de non-lecture et de non-écriture, car j’avais l’impression que rien ne pouvait suivre ce livre. Mais bon, la vie continue !
En tant que lectrice, j’aime beaucoup les ambiances, j’y attache énormément d’importance. Et ici, j’ai été servie. Je crois que la plupart des gens qui ont lu ce livre ont, pendant un instant, hésité à prendre un billet d’avion pour l’Arizona (j’hésite encore…). Durant les 300 pages, on est embarqués non seulement dans le désert, dans la forêt, dans les canyons, mais aussi dans un autre univers : celui où naissent la magie, l’émerveillement, le réenchantement du monde. 
C’est une magie du quotidien, de la nature, sans cesse présente, jamais imposée, toujours à portée de main. Elle se mélange aussi bien au paysage qu’aux êtres, elle se fond dans la peinture, dans la poésie, elle inspire, elle transcende, parfois jusqu’à la folie ceux qui osent l’écouter. 
Cette ambiance de désert et de magie éclipserait presque les personnages, mais heureusement, Maggie Black et les voisins du défunt David Cooper ne se laissent pas oublier. Ils mènent ou suivent l’histoire selon les moments, mais toujours avec harmonie. Ils ont leur caractère, leur passé, ils ne restent pas simples pages de papier qui n’ont ni passé ni futur. Ils évoluent, apprennent, reviennent en arrière, boudent. Tous donnent envie d’aller leur serrer la main, dire quelques mots autour d’un thé glacé sur le perron de la maison. 
Si la trame se perd parfois, elle ne donne pas l’impression de longueurs, mais plutôt d’une douce lenteur de quelqu’un qui sait prendre son temps, et sait revenir au bon moment pour raccrocher le lecteur égaré. Et tout le génie de Windling ici, c’est que cette trame relie tous les éléments, la nature n’étant plus un simple décor, mais l’un des acteurs du livre.
Bref, un livre magnifique, dont on ressort de belles images plein les yeux, et jamais indemne. 

(Je me suis fait plaisir avec l’édition des Moutons électriques, 20 euros plus cher que le poche, mais elle est tellement belle !)


Les autres romans de Terri Windling n'ont malheureusement pas été traduits en français, et vu la traduction au style assez ample (mais très beau), je doute que mon niveau d'anglais soit suffisant. Cependant, si vous lisez couramment l'anglais, voici :
  • The Changeling (1995)
  • Red Rock (1998)
  • The Raven Queen (1999)
  • A Midsummer Night's Faery Tale (1999) (avec Wendy Froud)
  • The Winter Child (2001) (avec Wendy Froud)
  • The Faeries of Spring Cottage (2003) (avec Wendy Froud)
Rien qu'aux noms, on sent revenir l'ambiance, n'est-ce pas ?

Elle a également dirigé beaucoup d'anthologies, que vous laisse découvrir sur sa page Wikipédia en anglais. En français, seule Blanche Neige, Rouge Sang [(avec Ellen Datlow), Fleuve noir, coll. Rendez-vous ailleurs, 2002] a été publiée.

En espérant que la lecture vous plaise autant qu'à moi.

Saguaro National Park, Arizona, USA. Photo by Hugh Mason

2 commentaires:

  1. "Comme tous mes grands coups de cœur et même plus que les précédents, ce roman m’a plongée dans une phase de non-lecture et de non-écriture, car j’avais l’impression que rien ne pouvait suivre ce livre. »

    Tu vas me trouver maso, mais j’adore cette sensation ! :D C’est vrai qu’au début, l’égo en prend un coup, mais au final je trouve ça profondément sain d’avoir des maîtres en matière de littérature (quand on arrive à s’en détacher, bien entendu).

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    1. Je ne suis pas sûre d'être rétablie depuis le temps :p

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