samedi 25 avril 2015

La fête de l'homme mort

Salutations !

Peut-être vous souvenez-vous de ma nouvelle La fête de l'homme mort, écrite durant les 24 heures de la nouvelle ? Si vous ne l'avez pas encore lue ou si le souvenir ne vous en est pas resté, rien de grave puisque arrive aujourd'hui l'anthologie des 24 heures de la nouvelle ! Elle regroupe une dizaine de nouvelles des éditions 2013 et 2014 avec un sommaire des plus sympathique :
Away, de Romain Jolly
Câline, de Nicolas Gaube
Court-bouillon, de Lilie Bagage
Démon de Chat, de Francis Ash
Destinée cruelle, de Karele Dahyat
Il Suffit de Passer le Pont, de Luce Basseterre
In Rust we trust, de François Delmoor
La Biche, de Dominique Lémuri
La Fête de l’Homme Mort, de Manon Bousquet
La Marchande de Sable, d’Anaïs La Porte
Les Fleurs Oubliées, de Xavier Portebois
Musique Non-Stop, de François Delmoor
On y Sera Demain, de Chloé Bertrand
Pandatown, de Jérôme Cigut
Ramazan Bey Original, de Philippe Pinel
Sept Cent Trois, de Miah Jullion
Shan Theli, de Tesha Garisaki
Ma nouvelle raconte le parcours absurde d'un fêtard solitaire jusqu'à ladite fête de l'homme mort, dans un univers largement inspiré par The Mystic Knights of Oingo Boingo !
J'espère que ce recueil de textes vous plaira (notamment, j'ai adoré Pandatown de Jérôme, mais les textes de Tesha, Xavier ou encore Miah valent le détour !)

A très bientôt et bonnes lectures,

Nariel Limbaear

samedi 11 avril 2015

Murs, colonnes et chantiers

Salutations !

Aujourd'hui, dernier petit transfert de mon blog d'archéologie. Je ne sais pas si je continuerai à rédiger des articles à propos d'archéologie et d'histoire, vu que j'ai épuise une partie de mes cours. Si je fais des trouvailles intéressantes lors de mes recherches pour l'écriture, promis, je vous en ferai part !
Bref, cette fois-ci, on va parler surtout murs et supports, comme les colonnes, avec un peu de vocabulaire, quelques images, puis on terminera sur les appareils de chantier (sans rire, ils hissaient pas les cailloux sans rien les mecs !).


Appareil : façon de tailler et d’assembler les matériaux constituants une maçonnerie : un petit appareil pour un mur fait de petites pierres par exemple.
Parement : la face vue d’un mur, ce qu’on voit, que ça soit à l’extérieur ou à l’intérieur de l’édifice.
Blocage : l’ensemble des matériaux qui remplit le vide entre les parements du mur. Par exemple, l'opus caementicium des romains appartient à la famille des blocages, même si on peut l'utiliser sans parements (mais c'est moche). Généralement, ce sont des déchets de constructions qui servent à le constituer ; dans le cas de l'opus caementicium, on y adjoint du mortier (et vous pouvez essayer de creuser...).
"Détail de la porte Saint-André de l'enceinte gallo-romaine d'Autun. La partie de gauche est en grand appareil régulier, celle du centre en petit appareil régulier. Ce parement forme coffrage pour le blocage de droite (pierres noyées dans du ciment)." - photographie d'Archeos

Mur gouttereau : c’est le mur extérieur latéral.

Colonne : support de section circulaire, formée d’une base, d’un fût, d’un chapiteau et d’un tailloir. La colonnette est une petite colonne.
Sarah Woodward, traduit par Salsero35

Chapiteau : élément souvent orné d’un décor qui couronne le fût d’une colonne ou d’un pilastre ou d’un pilier.
Fût : il peut être lise ou cannelé, et composé d’un bloc monolithique, ou de matériaux appareillés ou de tambours.
Base : la base. Vous vous attendiez à quoi ?

Encyclopedie: Classical Orders, engraving from the Encyclopédie vol. 18.
On reconnaît ici les ordres (d'en haut à gauche jusqu'en bas à droite) : toscan, dorique, ionique, ionique moderne, corinthien, composite (ils n'avaient plus d'idées ni pour le nom ni pour l'architecture, ils ont tout mis dedans).
Pilastre : support vertical plat engagé dans un mur et présentant une certaine ordonnance architecturale (base, fût, etc.). Oui, un peu comme une colonne quoi. Mais en rectangulaire encastré dans un mur.
Pilier/pile : support isolé et maçonné de section simple et circulaire. Il peut être quadrangulaire, octogonal, voire plus complexe
Dosseret : plan rectangulaire dans lequel est engagé une colonne ou un pilastre

Je vous fais grâce de mes gribouillages des colonnes en plan schématique, mais c'est sexy. Je vous épargne même la blague sur les piliers cantonais cantonné (non, je ne l'ai pas écrit comme ça au partiel. Par contre, je ne peux rien promettre pour mes cours). Même si sur celui-ci, on repère distinctement de magnifiques piliers à noyau circulaire flanqué de quatre colonnes :
Kathedrale St-Bénigne Dijon, Grundriss, par Jochen Jahnke

Passons maintenant à un peu d'outillage :

On utilise la poulie pour des charges pas trop lourdes, ainsi que le treuil, qui permet de soulever trois fois plus avec le même effort de traction. Mais les systèmes les plus rentables sont les chèvres (nope, nope, je ne dirai rien), deux poteaux de bois, avec une utilisation de palan.

La chèvre à roue creuse permet de soulever plusieurs tonnes, avec parfois deux roues (les hommes se mettaient dedans) (comme des hamsters) (je suppose qu'on peut aussi mettre des chèvres).
Grue/chèvre médiévale - Ji-Elle


Pour soulever des blocs, on peut utiliser les louves (toujours pas), qui ont une forme de queue de pie, ce qui permet une meilleure préhension sur la pierre.
par So Leblanc
Les élingues désignent tout ce qui est cordage. On peut les utiliser seules, c’est le plus simple car ça ne nécessite aucune préparation du bloc, mais on préfère les tenons de bardage, les louves ou les griffes qui tiennent mieux le bloc et sont plus pratiques pour poser les blocs sur le mur.
Tenons de bardage non rabotés - par Bernhard J. Scheuvens (temple de Ségeste)

Pour égaliser les lits des pierres sur les faces de joint, on utilise des
Gradine, par Flassig Reiner
gradines. Une fois le bloc ainsi lissé, on le met en place et on finalise avec le calage et le serrage de la pierre.
Dans la carrière, on laisse autour de la pierre une gaine protectrice, qui n’est abattue ou réduite que sur le chantier. Celle de la face antérieure ne sera enlevée totalement qu’au moment du ravalement de la façade.

Avec des pierres soigneusement équarries, on peut se permettre de construire à joints vifs, c'est-à-dire sans crépis ni mortier (hop, on recase "appareil à joints vifs". On ne fait qu’ajouter de petits scellements de métal, des crampons quand ils sont horizontaux pour sceller deux pierres d’une même assisse, goujons pour les verticaux (qui sont presque toujours métalliques, mais pas forcément). 
Pour le plan horizontal, on trouve plus de diversité, comme les doubles queues d’aronde (autre nom de l’hirondelle), qui disparaît au Ier siècle ap JC, ensuite avec des scellements en double té, et enfin en phi, avec une forme d’agrafe. Ouais, on agrafait des blocs de plusieurs tonnes, même pas peur. 

J'espère que ceci vous aura plu, à bientôt et bonnes lectures !

Nariel Limbaear


Source : Cours de méthodologie, L1, Toulouse le Mirail. et cours d'E. Boube

vendredi 3 avril 2015

La lisière de Bohême et Ganesha

La lisière de Bohême


Jacques Baudou, Moutons électriques, 2014
Comme de nombreux livres chez les Moutons électriques, Lisière de Bohème est très bien écrit (et l'objet est magnifique, comme d'habitude). Mais je ne suis pas rentrée dedans. La faute je pense au découpage des chapitres : très courts, c’est bien pratique pour dire « un dernier et au lit » mais quand le même dialogue est coupé trois fois par un changement de chapitre (et donc page blanche, page de chapitre, citation, on reprend), ça marque énormément le rythme de lecture. Et je trouve qu’on perd celui de l’histoire. C’est tout bête, et qu’un tout petit rien gâche la lecture ainsi, je trouve ça dommage…

Au-delà de ça. Quasiment toute la narration se joue en réalité dans des dialogues. Au début, ça m’a perturbée, surtout que la typographie n’aide pas, mais on finit par s’y faire (un peu laborieusement avec le découpage des chapitres, maaais j’arrête de ronchonner là-dessus).

J’aime bien les histoires lentes, mais j’ai trouvé que celle-ci avait franchement du mal à se lancer. Au final, elle est belle, mais à peine esquissée, on sent qu’il y avait beaucoup de choses derrière, mais qu’on ne garde qu’une surface. Ça contribue à la belle ambiance certes, mais tout ça fait qu’au final, le livre est plutôt léger. Voilà, c’était léger : les personnages, leurs actions, (les chapitres !), tout. Un peu déçue donc. Mais c’était bien écrit, ça me suffit le plus souvent.

*SPOIL*

(Et je ne sais pas si je dois trouver l’incursion SF géniale ou si je dois m’arracher les cheveux : mais punaise, changer le genre du bouquin à la DERNIÈRE PAGE, c’est plus du retournement de situation, c’est faire un gros pied de nez au lecteur !)


Ganesha, Mémoires de l'homme éléphant

Xavier Mauméjean, première édition chez Le Masque, 2000. Edition revue et augmentée, Mnémos, 2014
Dans un Londres brumeux et bien sale, Xavier Mauméjean nous entraîne dans les notes de Joseph Merrick, l’homme éléphant, qui se prend pour/se fait passer pour/joue le rôle de Ganesh, le dieu éléphant, dont les rêves contiennent le monde. Son intelligence est sollicitée pour résoudre des affaires étranges.
Un peu de Sherlock Holmes dans ce Joseph/Ganesha, mais aussi beaucoup de choses plus inédites, notamment beaucoup de réflexions en continu, et qui ne portent pas nécessairement sur les affaires policières en cours.
J’en ressors avec une drôle d’impression. Le tout est très bien écrit, c’est un plaisir à lire, là-dessus pas de doute. Par contre, l’esprit du personnage étant on ne peut plus désordonné et cachottier, ses notes m’ont parfois laissée un peu confuse sur certains détails. Si l’on comprend l’ensemble, ces moments de flottement m’ont parfois écartée de la lecture, que j’ai au final appréciée. Les quatre petites historiettes sont sympathiques, j’ai beaucoup aimé celle à la campagne – en automne je crois –, dont j’ai pu deviner l’issue grâce à l’Homme qui prenait sa femme pour un chapeau.
Bref, une lecture pas forcément facile à la laquelle il faut être préparé, la surprise peut être difficile.