vendredi 3 avril 2015

La lisière de Bohême et Ganesha

La lisière de Bohême


Jacques Baudou, Moutons électriques, 2014
Comme de nombreux livres chez les Moutons électriques, Lisière de Bohème est très bien écrit (et l'objet est magnifique, comme d'habitude). Mais je ne suis pas rentrée dedans. La faute je pense au découpage des chapitres : très courts, c’est bien pratique pour dire « un dernier et au lit » mais quand le même dialogue est coupé trois fois par un changement de chapitre (et donc page blanche, page de chapitre, citation, on reprend), ça marque énormément le rythme de lecture. Et je trouve qu’on perd celui de l’histoire. C’est tout bête, et qu’un tout petit rien gâche la lecture ainsi, je trouve ça dommage…

Au-delà de ça. Quasiment toute la narration se joue en réalité dans des dialogues. Au début, ça m’a perturbée, surtout que la typographie n’aide pas, mais on finit par s’y faire (un peu laborieusement avec le découpage des chapitres, maaais j’arrête de ronchonner là-dessus).

J’aime bien les histoires lentes, mais j’ai trouvé que celle-ci avait franchement du mal à se lancer. Au final, elle est belle, mais à peine esquissée, on sent qu’il y avait beaucoup de choses derrière, mais qu’on ne garde qu’une surface. Ça contribue à la belle ambiance certes, mais tout ça fait qu’au final, le livre est plutôt léger. Voilà, c’était léger : les personnages, leurs actions, (les chapitres !), tout. Un peu déçue donc. Mais c’était bien écrit, ça me suffit le plus souvent.

*SPOIL*

(Et je ne sais pas si je dois trouver l’incursion SF géniale ou si je dois m’arracher les cheveux : mais punaise, changer le genre du bouquin à la DERNIÈRE PAGE, c’est plus du retournement de situation, c’est faire un gros pied de nez au lecteur !)


Ganesha, Mémoires de l'homme éléphant

Xavier Mauméjean, première édition chez Le Masque, 2000. Edition revue et augmentée, Mnémos, 2014
Dans un Londres brumeux et bien sale, Xavier Mauméjean nous entraîne dans les notes de Joseph Merrick, l’homme éléphant, qui se prend pour/se fait passer pour/joue le rôle de Ganesh, le dieu éléphant, dont les rêves contiennent le monde. Son intelligence est sollicitée pour résoudre des affaires étranges.
Un peu de Sherlock Holmes dans ce Joseph/Ganesha, mais aussi beaucoup de choses plus inédites, notamment beaucoup de réflexions en continu, et qui ne portent pas nécessairement sur les affaires policières en cours.
J’en ressors avec une drôle d’impression. Le tout est très bien écrit, c’est un plaisir à lire, là-dessus pas de doute. Par contre, l’esprit du personnage étant on ne peut plus désordonné et cachottier, ses notes m’ont parfois laissée un peu confuse sur certains détails. Si l’on comprend l’ensemble, ces moments de flottement m’ont parfois écartée de la lecture, que j’ai au final appréciée. Les quatre petites historiettes sont sympathiques, j’ai beaucoup aimé celle à la campagne – en automne je crois –, dont j’ai pu deviner l’issue grâce à l’Homme qui prenait sa femme pour un chapeau.
Bref, une lecture pas forcément facile à la laquelle il faut être préparé, la surprise peut être difficile.

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