samedi 11 avril 2015

Murs, colonnes et chantiers

Salutations !

Aujourd'hui, dernier petit transfert de mon blog d'archéologie. Je ne sais pas si je continuerai à rédiger des articles à propos d'archéologie et d'histoire, vu que j'ai épuise une partie de mes cours. Si je fais des trouvailles intéressantes lors de mes recherches pour l'écriture, promis, je vous en ferai part !
Bref, cette fois-ci, on va parler surtout murs et supports, comme les colonnes, avec un peu de vocabulaire, quelques images, puis on terminera sur les appareils de chantier (sans rire, ils hissaient pas les cailloux sans rien les mecs !).


Appareil : façon de tailler et d’assembler les matériaux constituants une maçonnerie : un petit appareil pour un mur fait de petites pierres par exemple.
Parement : la face vue d’un mur, ce qu’on voit, que ça soit à l’extérieur ou à l’intérieur de l’édifice.
Blocage : l’ensemble des matériaux qui remplit le vide entre les parements du mur. Par exemple, l'opus caementicium des romains appartient à la famille des blocages, même si on peut l'utiliser sans parements (mais c'est moche). Généralement, ce sont des déchets de constructions qui servent à le constituer ; dans le cas de l'opus caementicium, on y adjoint du mortier (et vous pouvez essayer de creuser...).
"Détail de la porte Saint-André de l'enceinte gallo-romaine d'Autun. La partie de gauche est en grand appareil régulier, celle du centre en petit appareil régulier. Ce parement forme coffrage pour le blocage de droite (pierres noyées dans du ciment)." - photographie d'Archeos

Mur gouttereau : c’est le mur extérieur latéral.

Colonne : support de section circulaire, formée d’une base, d’un fût, d’un chapiteau et d’un tailloir. La colonnette est une petite colonne.
Sarah Woodward, traduit par Salsero35

Chapiteau : élément souvent orné d’un décor qui couronne le fût d’une colonne ou d’un pilastre ou d’un pilier.
Fût : il peut être lise ou cannelé, et composé d’un bloc monolithique, ou de matériaux appareillés ou de tambours.
Base : la base. Vous vous attendiez à quoi ?

Encyclopedie: Classical Orders, engraving from the Encyclopédie vol. 18.
On reconnaît ici les ordres (d'en haut à gauche jusqu'en bas à droite) : toscan, dorique, ionique, ionique moderne, corinthien, composite (ils n'avaient plus d'idées ni pour le nom ni pour l'architecture, ils ont tout mis dedans).
Pilastre : support vertical plat engagé dans un mur et présentant une certaine ordonnance architecturale (base, fût, etc.). Oui, un peu comme une colonne quoi. Mais en rectangulaire encastré dans un mur.
Pilier/pile : support isolé et maçonné de section simple et circulaire. Il peut être quadrangulaire, octogonal, voire plus complexe
Dosseret : plan rectangulaire dans lequel est engagé une colonne ou un pilastre

Je vous fais grâce de mes gribouillages des colonnes en plan schématique, mais c'est sexy. Je vous épargne même la blague sur les piliers cantonais cantonné (non, je ne l'ai pas écrit comme ça au partiel. Par contre, je ne peux rien promettre pour mes cours). Même si sur celui-ci, on repère distinctement de magnifiques piliers à noyau circulaire flanqué de quatre colonnes :
Kathedrale St-Bénigne Dijon, Grundriss, par Jochen Jahnke

Passons maintenant à un peu d'outillage :

On utilise la poulie pour des charges pas trop lourdes, ainsi que le treuil, qui permet de soulever trois fois plus avec le même effort de traction. Mais les systèmes les plus rentables sont les chèvres (nope, nope, je ne dirai rien), deux poteaux de bois, avec une utilisation de palan.

La chèvre à roue creuse permet de soulever plusieurs tonnes, avec parfois deux roues (les hommes se mettaient dedans) (comme des hamsters) (je suppose qu'on peut aussi mettre des chèvres).
Grue/chèvre médiévale - Ji-Elle


Pour soulever des blocs, on peut utiliser les louves (toujours pas), qui ont une forme de queue de pie, ce qui permet une meilleure préhension sur la pierre.
par So Leblanc
Les élingues désignent tout ce qui est cordage. On peut les utiliser seules, c’est le plus simple car ça ne nécessite aucune préparation du bloc, mais on préfère les tenons de bardage, les louves ou les griffes qui tiennent mieux le bloc et sont plus pratiques pour poser les blocs sur le mur.
Tenons de bardage non rabotés - par Bernhard J. Scheuvens (temple de Ségeste)

Pour égaliser les lits des pierres sur les faces de joint, on utilise des
Gradine, par Flassig Reiner
gradines. Une fois le bloc ainsi lissé, on le met en place et on finalise avec le calage et le serrage de la pierre.
Dans la carrière, on laisse autour de la pierre une gaine protectrice, qui n’est abattue ou réduite que sur le chantier. Celle de la face antérieure ne sera enlevée totalement qu’au moment du ravalement de la façade.

Avec des pierres soigneusement équarries, on peut se permettre de construire à joints vifs, c'est-à-dire sans crépis ni mortier (hop, on recase "appareil à joints vifs". On ne fait qu’ajouter de petits scellements de métal, des crampons quand ils sont horizontaux pour sceller deux pierres d’une même assisse, goujons pour les verticaux (qui sont presque toujours métalliques, mais pas forcément). 
Pour le plan horizontal, on trouve plus de diversité, comme les doubles queues d’aronde (autre nom de l’hirondelle), qui disparaît au Ier siècle ap JC, ensuite avec des scellements en double té, et enfin en phi, avec une forme d’agrafe. Ouais, on agrafait des blocs de plusieurs tonnes, même pas peur. 

J'espère que ceci vous aura plu, à bientôt et bonnes lectures !

Nariel Limbaear


Source : Cours de méthodologie, L1, Toulouse le Mirail. et cours d'E. Boube

2 commentaires:

  1. "Base : la base. Vous vous attendiez à quoi ?" : je m'attendais à "Base : all your base are belong to us"

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    1. Mais non voyons, belong to chapiteau and fût, t'as rien suivi !

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