lundi 10 août 2015

Seuls les conteurs reviennent d'au-delà le désert de sel

Salutations !
Malgré mes résolutions de mener à bien les corrections de Valet de Songe avant d'entamer tout nouveau projet, j'ai failli ! J'ai finalement craqué et j'ai commencé à écrire mon nouveau roman, Seuls les conteurs reviennent d'au-delà le désert de sel.


Qu'est-ce que c'est, de quoi ça cause ?

Incapable de surmonter la mort de son épouse, le barde Luth entame un voyage à travers le désert de sable jusqu'à celui de sel, où dit-on erre la Mort. Il espère qu'elle lui rendra l'âme de sa femme. Durant son périple, il rencontrera Cendres, une sorcière chassée de sa communauté, à la recherche d'une solution pour lever la malédiction jetée par sa mère.

Oui, il y a un petit air d'histoire d'amour, mais pas que. C'est un voyage initiatique, mais pas forcément pour les adolescents, puis qu'il traite d'un thème qu'on peut vivre à tout âge, et que l'on apprend à surmonter à tout âge : le deuil.
J'espère aussi parler d'amour de l'autre, du rapport au corps, et un peu de famille, puisque Luth trimbale sur son dos la fille de sa défunte épouse. Bref, beaucoup de thèmes à aborder, et un projet très lent en perspective, fait pour réfléchir dans le désert, se poser et contempler les étoiles, les dunes. 

J'ai débuté un Pinterest pour cibler un peu l'ambiance, j'espère que ça vous plaira autant qu'à moi !

Un extrait ?

Je tente de me redresser contre le tapis de selle qui m’isole de la roche, sans succès, je retombe sur mes coudes. L’homme a dû voir mon essai car il relève le regard vers moi, avant de retourner à son enfant. Quand le bébé a fini de téter la gourde, son père le dépose dans son couffin de voyage avant de s’approcher humblement de moi, toujours visage voilé. Ses amulettes d’argent cliquètent sur sa tunique rouge, reflètent les flammes et les étoiles. Il s’agenouille à côté de ma paillasse. De la main qu’il ne voit pas, je caresse le manche de mon poignard : ma mère ne m’a pas maudit pour rien, elle avait de bonnes raisons de se défier des hommes. Mes muscles tendus sont prêts, au moindre mouvement je peux lui sauter dessus et l’égorger comme une chèvre. Pourtant, il se contente d’incliner le visage vers le sol, mains à plat sur le sable.
« Puis-je m’approcher et me dévoiler ? »
De nouveau cette voix chaude. Je hoche la tête, sans lâcher mon arme. À gestes lents, il repousse le bas de son tagelmust sous son menton, dévoilant un visage fin, si ce ne sont les pommettes marquées et un menton volontaire, où s’égarent les arabesques de ses tatouages. Ses pupilles noires sont deux puits dans le désert blanc de ses yeux. Je déglutis. L’absence de barbe m’interpelle. De la dizaine d’hommes qui m’a approchée, et de la moitié d’entre eux que j’ai tués sous l’influence du sortilège, une bonne partie portait une toison fournie sur le visage, et la plupart des autres tentaient de la faire pousser. Pas l’étranger en face de moi. De quelle tribu vient-il ?

Sur ce, je vous laisse, j'ai maintenant deux romans sur le feu !

Bonnes lectures,

Nariel Limbaear