vendredi 26 août 2016

Publications 2016

Salutations !

Faute de grandes nouvelles à signaler et d'articles à poster, mon blog stage un peu, mais qu'importe, en fantastique, il est aisé de ramener les morts à la vie ! Quelques bonnes nouvelles égrainent toutefois le début de l'année et l'été.
Tout d'abord, j'ai validé ma première année de M1 (mention bien) et je passe en deuxième année de master, direction l'informatique documentaire.

Ensuite, j'ai trois publications de nouvelles à vous annoncer.

Mais d'abord, une petite histoire :D Mon premier gros texte terminé, pour ceux qui se souviennent du début du blog, s'appelait Relents de Paradis, c'était du fantastique un peu glauque et mal écrit (c'était en 2011). C'est le premier texte que j'ai envoyé à un éditeur, les éditions Malpertuis, et ce fut mon premier refus.
En 2012, mon troisième envoi de texte, j'envoyais une nouvelle, Danseur étincelle, à l'éditeur Griffe d'Encre, pour un appel à textes sur le feu. Après 1200 jours d'attente (environ 3 ans, oui, j'étais décidée, oui, j'aimais cet éditeur !), en septembre 2015, le résultat tombe : la maison d'édition ferme ses portes. C'était la soumission la plus ancienne que j'avais en stock, et je n'avais jamais envoyé ma nouvelle ailleurs. Petit cœur brisé, je ne perds pas le Nord et envoie mon texte à l'appel à textes fantastiques des éditions Malpertuis, en février 2016. Et ô, surprise, deux mois plus tard (notons les lignes temporelles distordues =D), le résultat tombe : ma nouvelle sera publiée dans l'édition VII de l'anthologie fantastique annuelle.
C'était pour moi toute une joie : avoir trouvé une place pour cette nouvelle qui me tenait à cœur, mais aussi, voir le chemin parcouru entre ma première nouvelle envoyée, et celle-ci, publiée chez mon premier refus.
Donc voilà, je suis ravie de vous annoncer la publication de Danseur étincelle dans l'anthologie Malpertuis VII, que vous pouvez vous procurer sur le site de l'éditeur, ou en le commandant depuis une librairie.
La nouvelle raconte le non-deuil d'un enfant après la mort de sa mère, danseuse de ballet, mais aussi son attrait pour les flammes, qu'il appelle les danseuses...


En suivant, la publication d'Entrechats de mercure, une enquête par un chat alchimiste dans les rues fantasmées d'une Toulouse médiévale, dans l'anthologie Pièces de puzzles, aux éditions HPF.
Vous pouvez vous procurer l'anthologie sur le site de l'éditeur, ou le commandant auprès d'une librairie. Elle est aussi disponible en format numérique.


Et enfin, une de mes nouvelles préférées pour terminer ! La publication de La peau du fennec, une histoire mi-fantasy mi-fantastique qui se déroule chez les Touaregs, à une époque pré-coloniale (un jour, j'essayerai d'explorer les thématiques post-coloniales, mais c'est un sacré morceau...). Elle est disponible sur le site de l'éditeur au format papier et numérique, mais aussi dans vos librairies numériques habituelles (7switch, Amazon, etc.).

Si vous avez aimé, ou pas aimé, n'hésitez pas à m'en faire le retour <3

Bonnes lectures à tous,

Nariel Limbaear


vendredi 22 juillet 2016

Life is Strange - Dontnod Entertainment, 2015

Salutations !

Après de longs mois studieux sans nouvelles sur le blog, je reviens avec une chronique sur le jeu Life is Strange. Promis, j'essaye de faire des articles plus en rapport avec l'écriture bientôt.


Attention, spoilers en quantité et en grande qualité de spoil.

Il y a beaucoup de choses à dire sur Life is Strange, et je doute d’en dire beaucoup de nouvelles, puisque de nombreuses personnes en ont parlé avant moi. Pour résumer rapidement ce jeu vidéo en cinq épisodes, l’héroïne, Max, se découvre le pouvoir de remonter le temps pour changer certains événements. Elle sauve ainsi son amie d’enfance, Chloé, et elles entreprennent de résoudre la disparation d’une étudiante de leur ville.
D’une certaine façon, j’ai beaucoup aimé le jeu, même si plusieurs points font que j’ai été déçue. Je vais commencer par dire que j’ai beaucoup aimé l’ambiance, entre les références à Twin Peaks (assumé par la plaque d’immatriculation de Chloé !) et l’approche de la fin du monde. Les tons pastel, les lumières, l’automne, cet ensemble donne une saveur particulière à cette petite ville, à la fois similaire à Twin Peaks, mais aussi propre à Arcadia Bay. Avec une héroïne photographe, cette recherche de la lumière et des couleurs prend toute sa place, et c’est un plaisir de parcourir les jardins de l’école, ou même la plage (malgré les… baleines… T_T).

Blackwell, l'école où Max apprend la photographie


Mystérieux échouage de baleines sur la plage


La bande-son est super, discrète la plupart du temps, mais elle sait s’imposer, et c’est un régal pour les oreilles à écouter en-dehors du contexte du jeu.
Mais passons aux mauvais points, puisqu’ils m’ont tant tracassée que ça.


D’abord sur la qualité des dialogues, qui sonnent assez souvent faux, qui résument parfois l’état d’esprit des personnages en une phrase (dans le genre de « Oh, je me sens beaucoup mieux maintenant, merci Max »). C’est une simplification qui m’a fait grincer les dents plus d’une fois. Par contre, les échanges entre Max et Chloé, ou avec Warren, sont touchants, vifs, et m’ont carrément (hella !) donné la banane plus d’une fois !

An otter in my water! Regardez moi ces couleurs !


C’est d’autant plus étonnant qu’il y a un réel travail sur les relations entre les personnages et sur l’histoire elle-même, qui se construit très bien, et où j’ai été surprise, où j’ai ri et pleuré. Cette simplification est flagrante à propos de Kate (spoilers en approche !), qui dans l’épisode 3 va vachement bien, il fait beau, elle dessine des choses heureuses, etc. Oubliés la séquestration et le harcèlement.

Mais surtout, c’est sur la fin que j’ai été déçue. D’abord d’un point de vue de joueuse, puis d’un point de vue « éthique ». Attention, méga-spoilers en approche !
Un jeu qui se base sur des choix moraux tous plus difficiles les uns que les autres et qui parvient à une apothéose sentimentale énorme, et qui se finit sur « Bon en fait, tout ce que tu as choisi, tes quinze heures de jeu, tout ça n’a servi à rien. », pour moi, ça ne rime à rien. C’est ENCORE PIRE que le cliché du « Tout ceci n’était qu’un rêve » à la fin d’une nouvelle ou d’un roman. Mais ce n’est qu’une des fins possibles, me diriez-vous. OK, allons voir la deuxième alors.
Parmi les choix possibles, on peut orienter Max vers une relation amoureuse avec Warren, un geek très Cuivre/Tellure, ou avec Chloé, l’amie punk aux cheveux bleus. Dans la fin « où tout le jeu n’a servi à rien », si la romance avec Chloé est choisie, alors Max et Chloé s’embrassent fougueusement sur fond de fin du monde, avant que Max ne revienne dans le temps et renonce à sauver Chloé, qui meurt. Lesbian tragic : 1 point. La cinématique montre que les méchants sont punis et que même si les gens sont tristes pour Chloé, tout va bien dans le meilleur des mondes.

Mon petit cœur a explosé et j'ai pleuré T_T

Le deuxième choix, celui de sacrifier la ville pour sauver son amie et amoureuse, eh bien, elles s’en vont. Même pas un bisou, à peine un vague câlin, pas un aveu d’amour, et pas de cinématique scénarisée. Que dalle. Qu’on ne me sorte pas l’excuse de « elles viennent de détruire une ville, elles ne vont pas s’embrasser ! » : une vraie cinématique de fin aurait pu montrer leurs sentiments respectifs et amoureux sans qu’elles soient irrespectueuses envers les gens qu’elles ont sacrifiées. Ou alors, on part du principe qu’elles ne pourront pas avoir une relation saine vu sur quoi elle est basée, et du coup, ça ne vaut pas mieux.
Genre « on vous laisse le choix, mais franchement, ça vaut pas le coup de la sauver (le destin s’acharne à la tuer, elle doit bien le mériter, non ?), alors on va pas bosser cette fin, et surtout, on va pas accorder de fin heureuse à des lesbiennes ». Lesbian tragic : 2 points. Aucune réalité montrée dans le jeu ne leur offre, ou n’offre au joueur, une vraie relation. (Et les lesbiennes handicapées n’existent pas ! Nope, jamais ! Surtout pas !) Dans l’idéal, c’est vaguement réduit à « oui, mais le doute est permis, et puis ce n’était peut-être qu’un jeu d’adolescentes » (*part s’étouffer plus loin*).
Crotte.
Il y avait pourtant tous les ingrédients pour une histoire touchante, effrayante, glauque, mais aussi positive. Quand un jeu se vante de la complexité de ses choix, et que peu importe les choix que l’on fait, on se retrouve face à deux fins aussi insatisfaisantes l’une que l’autre… Du coup, même si j’ai gardé une bonne expérience du jeu, ces deux fins m’ont laissé un goût amer en bouche, d’avoir cru qu’on me laissait le choix, alors qu’il n’en a jamais été question.

Je me retrouve donc à zoner sur le net à la recherche de fanarts qui ont consolé mon petit cœur aigri. Et je vous partage ma sélection optimiste du jour.

Life is Strange - Max and Chloe by Mary-O-o

Away from Arcadia Bay by Maiqueti

No Regrets by Yuri-World-Ruler

Et le « ils vécurent tous heureux » :

Life is Strange  by Mary-O-o


dimanche 13 mars 2016

Chuis pas morte ! Mémoire et nouvelles

Salutations à tous !

Non, malgré mes longs silences, je ne suis toujours pas morte, je découvre simplement les joies de la non-rédaction de mémoire, et je développe un art consommé du "Oh mon dieu, je dois ranger ma chambre !", que j'ai aujourd'hui transformé en "Oh mon dieu, si je rédigeais un billet de blog !" (au lieu de rédiger les conclusions d'un questionnaire toutpourri).
De manière positive, disons que j'ai fixé ma problématique et mon plan. Donc voilàvoilà :
Animer la bibliothèque grâce aux jeux vidéo : quelles interactions avec les médiations traditionnelles dans le projet socioculturel, le cas du pôle Intermezzo à Toulouse
Non, ça ne rentre même pas dans un tweet. On dirait que j'ai la fâcheuse tendance à tout spoiler dans mes titres, mais au moins, on sait de quoi je parle.

En dehors de ça, j'avance petit à petit dans mon roman en cours, avec l'approche des premiers 100 000 signes (EC). Il reste mon petit plaisir, avec des villes tortues et du sable. Et encore du sable. Et du sable. Sable. Et sable. Et oh, du sel !
Bref.

Je fais une très mauvaise autrice en ce moment, puisque j'ai oublié de signaler la publication de deux nouvelles : 
Entre les racines du banian, nouvelle érotique qui se déroule dans une Inde imaginaire, publiée dans l'avant-dernier numéro de l'Armoire aux Épices. Malheureusement, l'association a fermé après le dernier numéro... 
Elle fait donc partie de mes nouvelles difficilement accessibles, que je songe à rééditer gratuitement en numérique. Des avis sur la question ?


La Symphonie des dragons est une nouvelle poétique et toute douce, publiée dans le magazine Éclosion, par l'association Transition, que vous pouvez acheter ici.

Bonne journée à tous, et à bientôt ! (dans 3 ou 4 mois...)

Bonnes lectures,

Nariel Limbaear


mercredi 13 janvier 2016

Le jardin des silences - Mélanie Fazi

Un bal secret au coeur de l’hiver, une violoniste dont les notes soulèvent le voile des apparences, une dresseuse d’automates dépassée par sa création : à travers ces douze textes ciselés, découvrez ou retrouvez l’univers envoûtant de Mélanie Fazi, auteure rare à la plume délicate, qui joue des mots émotions avec une justesse bouleversante.



Ma rencontre (littéraire) avec Mélanie Fazi fut un hasard. Je suis tombée sur le titre de son recueil Notre-Dame aux Écailles, et j’en fus jalouse, jalouse de ne pas avoir trouvé un aussi beau titre pour mon roman, car il collait tellement bien. De fait, pendant longtemps, je tournais autour du livre à la bibliothèque, sans oser le lire. J’ai cédé, et j’ai adoré. Puis je l’ai lue dans le Bifrost qui lui était dédié, et que ce soit sa novella sur Manderley, ou son interview, et ça y est, j’étais sous le charme de la plume et de la personne.
Lire Le Jardin des silences fut donc une évidence (Serpentine ne saurait tarder). Recueil de douze nouvelles, on les dirait toutes liées (et je suis même tombée sur un schéma de lecteur qui les relie toutes), au moins par cette ambiance délicate, par une mélancolie douce, et par cette plume qui sait appuyer sur nos fragilités. Au dos du livre, on trouve une citation de Jean-Claude Dunyach, dont un morceau m’a tout à fait parlé et exprime ce que je ressens à propos du style de Mélanie Fazi (« un art de la fêlure qui transcende la moindre de ses histoires »), et c’est tout à fait ça. À la lecture de certaines nouvelles, ce sont des barrières qui se fendillent, des carapaces qui se brisent. J’ai eu l’impression de deux sortes de nouvelles : celles, clairement fantastique, ou fantasy, qui se concentrent sur une histoire, et celles, qui effleurent le fantastique, et qui plongent dans les personnages, jusqu’aux tréfonds. Les deux genres se complètent bien, leur alternance permet de respirer, sans jamais quitter l’ambiance du recueil. Et puis, même celles qui se basent sur les histoires contiennent des personnages très marqués, bien écrits, mais les secondes appuient autant sur les fêlures du personnage que sur celles du lecteur.

Richard Crossley - Tamaulipas Crow 
Je crois que j’ai eu de la chance de lire ce recueil maintenant, que ce soit maintenant dans ma vie, ou maintenant autour de Noël. Deux nouvelles (L’arbre et les corneilles et Un bal d’hiver) se déroulent autour de Noël, de différentes manières : avant la formation d’une famille, et lors de la formation d’une famille reconstituée, après la perte d’un deuil. Et quand, à Noël, certaines chaises restent vides, se rappeler qu’un jour Noël a été magique, et qu’il pourra l’être de nouveau un jour, ces mots passent un baume très réconfortant sur le cœur.








Pour parler brièvement des autres nouvelles, par ordre de préférence (c’est-à-dire que ça va de « j’ai beaucoup aimé » à « j’ai beaucoup beaucoup aimé ») :
Les Sœurs de la Tarasque : dans une sorte de couvent-monastère, de jeunes filles sont élevées pour servir le Dragon, et pour l’aimer. Mais l’amour n’est pas universel, ni inconditionnel, et c’est une ici une nouvelle très sensible et délicate. Et avec un dragon (qu’attendiez-vous de moi, sérieusement ?)
Née du givre m’a beaucoup interpellée. Si toutes les nouvelles n’ont pas de justification au fantastique, elles ont un sens, ou une histoire bien marquée, dans laquelle on peut certes piocher notre propre symbolisme, mais qui ont au moins une interprétation claire de premier niveau. Ici, c’est beaucoup plus éthéré, caché. J’ignore si tout le monde y lira la même chose. Pour ma part, je n’ai pu m’empêcher d’y voir le symbole d’une dépression, mais on peut aussi y voir l’illustration de l’influence « possessive » et vampirisante de certaines personnes.
L’autre route a appuyé, comme les deux à propos de Noël, sur des fêlures. C’est un peu difficile d’en parler, à part dire qu’il s’agit d’une histoire d’un père qui essaye de retrouver sa fille - physiquement et moralement. C’est amusant de se retrouver dans les deux personnages, et aussi de comprendre un peu l’autre.
Le Jardin des silences, qui donne son titre au recueil, est racontée par fragments, fragments rappelés à la narratrice par des objets offerts par un jardin mystérieux.
libera-softvaro - Matsue English Garden

Trois renards parle beaucoup du monde de la musique (et de voir des animaux, je n’ai pas tout à fait compris, mais je pense avoir saisi une partie, quelque part entre l’ouverture aux autres mondes et la transe ?), et de ses coulisses, mais surtout de l’amour de la musique, et de comment il a sauvé la narration d’un autre amour, bien plus dévastateur.
Dragon caché (oui encore des dragons, que voulez-vous, on a la classe ou on ne l’a pas) aborde des thèmes qui, comme dans les Trois renards, ne m’ont (heureusement) jamais affectée personnellement. On y est toutefois pas insensible, d’autant qu’il y a assez de problématiques pour happer plusieurs publics, et les descriptions végétales m’ont plongée au cœur de la terre.
L’Été dans la vallée peut éventuellement sonner de manière très creepy quand votre belle-famille vit dans le genre de vallée évoquée. Sinon, c’est une belle histoire sur la manière de faire ses choix, sur les amours d’été, et malgré les thèmes, elle reste assez légère – pour devenir très puissante quand le chant arrive.
Swan le bien nommé reprend les univers de contes avec finesse, pour les incorporer dans le quotidien de la belle-fille d’une sorcière. Et on sait que les belles-mères ne sont pas toujours tendres (cf. mon point sur la vallée et la belle-famille).
Le Pollen de minuit, j’avais déjà pu la lire dans l’anthologie (Pro)-créations, dirigée par Lucie Chenu. Même si j’aime aussi cette nouvelle, j’y trouve moins d’impacts, moins de points de fêlure. Elle reste cependant belle et poétique.

Au-delà des fêlures et de la mélancolie, j’ai ressenti beaucoup de nouvelles comme thématique d’une reconstruction, et d’un espoir de celui-ci (sauf peut-être dans Née du givre qui reste un OVNI pour moi). Le recueil a eu sur moi un effet incroyablement apaisant, et j’ai déjà envie de le relire.