vendredi 22 juillet 2016

Life is Strange - Dontnod Entertainment, 2015

Salutations !

Après de longs mois studieux sans nouvelles sur le blog, je reviens avec une chronique sur le jeu Life is Strange. Promis, j'essaye de faire des articles plus en rapport avec l'écriture bientôt.


Attention, spoilers en quantité et en grande qualité de spoil.

Il y a beaucoup de choses à dire sur Life is Strange, et je doute d’en dire beaucoup de nouvelles, puisque de nombreuses personnes en ont parlé avant moi. Pour résumer rapidement ce jeu vidéo en cinq épisodes, l’héroïne, Max, se découvre le pouvoir de remonter le temps pour changer certains événements. Elle sauve ainsi son amie d’enfance, Chloé, et elles entreprennent de résoudre la disparation d’une étudiante de leur ville.
D’une certaine façon, j’ai beaucoup aimé le jeu, même si plusieurs points font que j’ai été déçue. Je vais commencer par dire que j’ai beaucoup aimé l’ambiance, entre les références à Twin Peaks (assumé par la plaque d’immatriculation de Chloé !) et l’approche de la fin du monde. Les tons pastel, les lumières, l’automne, cet ensemble donne une saveur particulière à cette petite ville, à la fois similaire à Twin Peaks, mais aussi propre à Arcadia Bay. Avec une héroïne photographe, cette recherche de la lumière et des couleurs prend toute sa place, et c’est un plaisir de parcourir les jardins de l’école, ou même la plage (malgré les… baleines… T_T).

Blackwell, l'école où Max apprend la photographie


Mystérieux échouage de baleines sur la plage


La bande-son est super, discrète la plupart du temps, mais elle sait s’imposer, et c’est un régal pour les oreilles à écouter en-dehors du contexte du jeu.
Mais passons aux mauvais points, puisqu’ils m’ont tant tracassée que ça.


D’abord sur la qualité des dialogues, qui sonnent assez souvent faux, qui résument parfois l’état d’esprit des personnages en une phrase (dans le genre de « Oh, je me sens beaucoup mieux maintenant, merci Max »). C’est une simplification qui m’a fait grincer les dents plus d’une fois. Par contre, les échanges entre Max et Chloé, ou avec Warren, sont touchants, vifs, et m’ont carrément (hella !) donné la banane plus d’une fois !

An otter in my water! Regardez moi ces couleurs !


C’est d’autant plus étonnant qu’il y a un réel travail sur les relations entre les personnages et sur l’histoire elle-même, qui se construit très bien, et où j’ai été surprise, où j’ai ri et pleuré. Cette simplification est flagrante à propos de Kate (spoilers en approche !), qui dans l’épisode 3 va vachement bien, il fait beau, elle dessine des choses heureuses, etc. Oubliés la séquestration et le harcèlement.

Mais surtout, c’est sur la fin que j’ai été déçue. D’abord d’un point de vue de joueuse, puis d’un point de vue « éthique ». Attention, méga-spoilers en approche !
Un jeu qui se base sur des choix moraux tous plus difficiles les uns que les autres et qui parvient à une apothéose sentimentale énorme, et qui se finit sur « Bon en fait, tout ce que tu as choisi, tes quinze heures de jeu, tout ça n’a servi à rien. », pour moi, ça ne rime à rien. C’est ENCORE PIRE que le cliché du « Tout ceci n’était qu’un rêve » à la fin d’une nouvelle ou d’un roman. Mais ce n’est qu’une des fins possibles, me diriez-vous. OK, allons voir la deuxième alors.
Parmi les choix possibles, on peut orienter Max vers une relation amoureuse avec Warren, un geek très Cuivre/Tellure, ou avec Chloé, l’amie punk aux cheveux bleus. Dans la fin « où tout le jeu n’a servi à rien », si la romance avec Chloé est choisie, alors Max et Chloé s’embrassent fougueusement sur fond de fin du monde, avant que Max ne revienne dans le temps et renonce à sauver Chloé, qui meurt. Lesbian tragic : 1 point. La cinématique montre que les méchants sont punis et que même si les gens sont tristes pour Chloé, tout va bien dans le meilleur des mondes.

Mon petit cœur a explosé et j'ai pleuré T_T

Le deuxième choix, celui de sacrifier la ville pour sauver son amie et amoureuse, eh bien, elles s’en vont. Même pas un bisou, à peine un vague câlin, pas un aveu d’amour, et pas de cinématique scénarisée. Que dalle. Qu’on ne me sorte pas l’excuse de « elles viennent de détruire une ville, elles ne vont pas s’embrasser ! » : une vraie cinématique de fin aurait pu montrer leurs sentiments respectifs et amoureux sans qu’elles soient irrespectueuses envers les gens qu’elles ont sacrifiées. Ou alors, on part du principe qu’elles ne pourront pas avoir une relation saine vu sur quoi elle est basée, et du coup, ça ne vaut pas mieux.
Genre « on vous laisse le choix, mais franchement, ça vaut pas le coup de la sauver (le destin s’acharne à la tuer, elle doit bien le mériter, non ?), alors on va pas bosser cette fin, et surtout, on va pas accorder de fin heureuse à des lesbiennes ». Lesbian tragic : 2 points. Aucune réalité montrée dans le jeu ne leur offre, ou n’offre au joueur, une vraie relation. (Et les lesbiennes handicapées n’existent pas ! Nope, jamais ! Surtout pas !) Dans l’idéal, c’est vaguement réduit à « oui, mais le doute est permis, et puis ce n’était peut-être qu’un jeu d’adolescentes » (*part s’étouffer plus loin*).
Crotte.
Il y avait pourtant tous les ingrédients pour une histoire touchante, effrayante, glauque, mais aussi positive. Quand un jeu se vante de la complexité de ses choix, et que peu importe les choix que l’on fait, on se retrouve face à deux fins aussi insatisfaisantes l’une que l’autre… Du coup, même si j’ai gardé une bonne expérience du jeu, ces deux fins m’ont laissé un goût amer en bouche, d’avoir cru qu’on me laissait le choix, alors qu’il n’en a jamais été question.

Je me retrouve donc à zoner sur le net à la recherche de fanarts qui ont consolé mon petit cœur aigri. Et je vous partage ma sélection optimiste du jour.

Life is Strange - Max and Chloe by Mary-O-o

Away from Arcadia Bay by Maiqueti

No Regrets by Yuri-World-Ruler

Et le « ils vécurent tous heureux » :

Life is Strange  by Mary-O-o


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